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Elections britanniques : quasi-match nul entre Boris Johnson et Jeremy Corbyn – Le Monde

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Les deux principaux leaders politiques n’ont même pas eu l’occasion, mardi lors du débat programmé sur ITV, de revenir sur leurs mirifiques promesses de campagne.

Par Publié aujourd’hui à 02h17

Temps de Lecture 4 min.

Boris Johnson (à gauche) et Jeremy Corbyn lors d’un débat télévisé le 19 novembre sur ITV à Salford, dans le nord-ouest de l’Angleterre.

La mise en scène était parfaite : une énorme estrade sombre, des néons vert fluo, une salle pleine à craquer. Les états-majors des deux grands partis avaient fait monter la pression tout au long de l’après-midi sur les réseaux sociaux avec, pour les travaillistes, des clichés de Jeremy Corbyn rafraîchissant sa barbe chez le coiffeur du quartier, et, pour les conservateurs, des vidéos du premier ministre Boris Johnson s’exerçant en bras de chemise sur un ring de boxe, équipé de gants : « Get Brexit done » (accomplissons le Brexit !).

Et pourtant, à trois semaines d’une élection générale décisive (le 12 décembre), le débat exceptionnel, programmé sur la chaîne ITV, mardi 19 novembre, entre les deux principaux leaders politiques britanniques, n’aura pas permis de franchement les départager. Ni probablement d’électriser un électorat lassé du Brexit, et en pleine crise de confiance vis-à-vis de sa classe politique.

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Etait-ce la faute du format choisi (court, une heure pile), avec des temps de réponse millimétrés ? Boris Johnson a évité les gaffes sans faire d’étincelles, se contentant pour l’essentiel de vanter son « superbe deal » de divorce avec l’Union européenne (UE) et de répéter comme un mantra le slogan forgé dès l’été : « let’s get Brexit done ».

Jeremy Corbyn n’a guère été meilleur. Il avait pourtant moins à perdre, restant bon deuxième dans les sondages – selon une moyenne établie par le Financial Times, les conservateurs sont à 42 %, le Labour à 29 %, les démocrates libéraux à 14 %. Le leader travailliste a confirmé sa volonté de renégocier un accord de divorce avec Bruxelles « dans les trois mois », puis d’organiser un nouveau référendum « dans les six mois », sans préciser s’il ferait campagne pour quitter l’UE ou pour y rester ; la question lui a été pourtant posée plusieurs fois d’affilée mardi soir.

Rester sur le terrain du Brexit

L’objectif pour Boris Johnson était de rester le plus longtemps possible sur le terrain du Brexit, pour mieux exploiter le manque de clarté de son adversaire sur le sujet. Et il y est parvenu, plus de la moitié du débat y étant consacré.

Trois ans et demi après le référendum, « nous, les conservateurs, sommes les seuls avec un accord prêt à être approuvé par le Parlement et tous nos candidats députés se sont engagés à le soutenir », a martelé le premier ministre. Poussant l’exercice à son maximum, il a même suggéré qu’à choisir, il offrirait pour Noël « un exemplaire de son deal » à M. Corbyn. Et à la question de savoir qui était son dirigeant étranger préféré, il a affirmé sans rire : « Les vingt-sept leaders de l’UE, parce qu’ils m’ont signé un super deal. »

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