Elections au Royaume-Uni : majorité absolue pour Boris Johnson, selon un sondage de sortie des urnes – Le Monde

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A Londres, le 12 décembre.

Le Parti conservateur du premier ministre, Boris Johnson, a obtenu une majorité écrasante lors des législatives britanniques jeudi 12 décembre, selon un sondage de sortie des urnes, ce qui devrait permettre au dirigeant conservateur de réaliser le Brexit fin janvier comme promis. Le pari semblait incertain mais le succès est sans appel pour le dirigeant conservateur, déterminé à mettre fin à trois ans d’une saga qui a déchiré le pays et à 47 ans de mariage tumultueux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

« Merci à tous ceux à travers le pays qui ont voté, qui se sont portés volontaires, qui se sont présentés. Nous vivons dans la plus grande démocratie du monde », a réagi Boris Johnson, élu pour un mandat de cinq ans, sur Twitter.

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Les conservateurs décrochent une très confortable majorité de 368 sièges sur 650, contre 317 lors du précédent scrutin en 2017, selon le sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par l’institut Ipsos/MORI pour les médias britanniques.

Les travaillistes de Jeremy Corbyn s’effondrent à 191 sièges (contre 262), selon ces projections généralement proches des résultats. Le numéro deux du Parti travailliste britannique, John McDonnell, a jugé jeudi « extrêmement décevante » la défaite cuisante de son mouvement aux législatives, si elle se confirmait dans les résultats, l’expliquant par « la fatigue du Brexit » sur lequel le Labour est resté indécis. « Il semble que le sujet du Brexit ait dominé, c’est en grande partie de la fatigue du Brexit. Les gens veulent en finir », a déclaré M. McDonnell sur Sky News, commentant un sondage sortie des urnes.

Si les résultats ne sont attendus que dans la nuit, ces estimations donnent une avance si large, sans précédent pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher, qu’un changement de tendance semble impensable.

La livre s’envole

La livre sterling a bondi jeudi à son plus haut niveau depuis mai 2018 face au dollar et depuis juillet 2016 face à l’euro à l’annonce de ces tendances. Vers 22 h 25, la livre s’envolait de 2,34 % face au dollar, à 1,3469 dollar et de 1,93 % face à la devise européenne, à 82,97 pence pour un euro.

Le marché réagit « à ce qui semble être une très forte victoire pour les conservateurs, qui donne à Boris Johnson le mandat pour mener à bien le Brexit », a commenté Shaun Osborne, responsable de la stratégie du marché des changes chez Scotiabank.

Ce résultat « apporte une certaine clarté » et « écarte le risque d’un Parlement partagé ou d’un autre référendum », a-t-il ajouté. Cette levée de l’incertitude sera sûrement accueillie avec soulagement par les entreprises, a-t-il expliqué.

Sortir de l’impasse

Le premier ministre conservateur avait voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans, pour sortir le Royaume-Uni de l’impasse du Brexit, qui divise profondément le pays depuis la victoire du « leave » avec 52 % des voix au référendum de 2016.

Jusqu’ici dépourvu de majorité à la Chambre des communes, le dirigeant de 55 ans arrivé au pouvoir en juillet en se posant comme le sauveur du Brexit n’avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l’accord de divorce qu’il avait âprement négocié avec Bruxelles.

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Durant la campagne électorale, il a promis de soumettre cet accord aux 650 députés nouvellement élus avant Noël avec l’objectif de mettre le Brexit en œuvre le 31 janvier, date à laquelle il est désormais prévu après trois reports.

Une consécration des travaillistes aurait pu signer l’arrêt de mort du Brexit : ils voulaient renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre à un référendum avec comme alternative le maintien dans l’UE.

Nouvelle page de négociations

Outre l’unification du pays, réaliser le Brexit devrait permettre d’enfin pouvoir s’atteler aux « priorités » des Britanniques, comme la santé et la sécurité, avait affirmé le chef de gouvernement durant une campagne sans grand relief, mais marquée par des coups bas, notamment sur les réseaux sociaux, provenant en grande partie des conservateurs.

Les électeurs n’ont pas été séduits par la promesse de Jeremy Corbyn, vétéran de l’aile gauche du Parti travailliste, d’un « vrai changement » après presque une décennie de pouvoir conservateur et presque autant d’austérité, avec des nationalisations à tout-va et des investissements massifs, surtout dans le service public de santé (NHS).

Sur le Brexit, le septuagénaire, régulièrement accusé de fermer les yeux sur des accusations d’antisémitisme dans son parti, prévoyait de rester « neutre » en cas de second référendum.

A gauche, les nationalistes écossais du SNP gagnent 20 sièges à 55 mandats, selon le sondage sortie des urnes. Ouvertement europhiles, les libéraux-démocrates grignotent un siège à 13.

Eviter la rupture brutale

L’accord de retrait organise la frontière irlandaise après le Brexit, les droits des citoyens et les engagements financiers britanniques. Il évite aussi une rupture brutale en introduisant une période de transition jusqu’à fin 2020, prolongeable, pendant laquelle les Britanniques continueront d’appliquer les règles européennes.

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Une fois le divorce acté, s’ouvrira la phase, technique et complexe, des négociations sur la future relation commerciale entre Londres et Bruxelles. Mais avant même qu’elle ne commence, l’affirmation de Boris Johnson, de pouvoir la boucler en moins d’un an est jugée irréaliste à Bruxelles.

Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit

  • Six mois après le refus du Parlement britannique de ratifier l’accord entre Theresa May et l’Union européenne sur le Brexit, un nouvel accord a été négocié par le premier ministre Boris Johnson.
  • Ce texte, qui reprend l’essentiel de l’« accord de retrait » en novembre 2018, supprime notamment l’existence du « backstop » à la frontière entre les deux Irlandes. En voici les points-clés.
  • Comprendre : le schéma qui résume les options possibles (daté d’octobre 2019), alors que les parlementaires doivent valider l’accord de Boris Johnson pour officialiser le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

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