Election présidentielle 2022 : le Rassemblement national appelle Eric Zemmour à « ne pas diviser les forces » de l’extrême droite – Le Monde

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La candidate RN à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, à Nanterre, le 27 juin 2021.

Après avoir ignoré le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour pendant plusieurs semaines, le Rassemblement national (RN) lance la contre-attaque. Plusieurs personnalités du parti d’extrême droite ont appelé lundi 11 octobre M. Zemmour à « ne pas diviser les forces » de l’extrême droite face à Emmanuel Macron.

« Notre seul adversaire est Emmanuel Macron, le fossoyeur de l’intérêt national. Nous n’avons pas d’adversaire dans le camp national », a dit lundi Sébastien Chenu, député RN du Nord sur Franceinfo, avant de rappeler qu’il « ne faut pas diviser les forces du camp national ». « Il faut réserver nos coups à Macron et se battre entre nous n’a aucun sens », a prévenu le porte-parole du RN, faisant valoir que « Marine Le Pen est la femme de la situation ».

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S’il juge qu’Eric Zemmour est « proche » idéologiquement du RN, il ne s’est pas privé d’égratigner le polémiste ultraconservateur – qui n’est pas encore candidat à la présidentielle – sur son absence de propositions. « J’ai vu qu’Eric Zemmour considérait que ce n’était pas de son niveau de s’occuper de la question du pouvoir d’achat des Français », a-t-il taclé. « Marine Le Pen a fait le bon diagnostic et elle a une batterie de réformes qui sont juridiquement immédiatement applicables », affirme le député RN.

Même mise en garde prudente du côté du maire RN de Perpignan, Louis Aliot. Il voit en M. Zemmour une « nouveauté dans le système politique », que l’élu pense aussi être « dans la même famille politique » que le RN, mais a regretté lundi sur la chaîne CNews qu’« il divise aujourd’hui la famille nationale ».

« Zemmour ne bouscule pas notre agenda », assure Bardella

Cette offensive médiatique a lieu alors que Mme Le Pen apparaît désormais talonnée par Eric Zemmour dans plusieurs sondages, voire même dépassée dans le sondage Harris Interactive pour Challenges publié mercredi 6 octobre. A six mois de l’élection présidentielle, cette enquête place M. Zemmour comme qualifié pour le second tour de la présidentielle avec 17 % à 18 % des intentions de vote, derrière Emmanuel Macron (24 % à 27 %), tandis que la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, réunirait 15 % à 16 %.

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« Il y a un terrain d’entente, une volonté – en tout cas, en ce qui nous concerne – de rassemblement », a assuré M. Aliot, alors que « c’est à lui de faire la démarche, pas à nous », a-t-il ajouté, « persuadé » que les courbes d’intentions de vote « s’inverseront » dans les prochaines semaines.

Interrogé au micro de Sud Radio, Jordan Bardella, président par intérim du RN, a martelé lundi que le « moment Zemmour (…) ne bouscule pas notre agenda », évoquant « le discours plus rassurant, plus rassembleur » de Marine Le Pen. « Ce ne sont pas les médias et les sondages qui vont faire l’élection présidentielle », a-t-il plaidé. « Je n’ai aucun adversaire du côté de ceux qui défendent la France », a néanmoins rappelé M. Bardella.

Sur BFM-TV, Marine Le Pen avait évoqué dimanche « des divergences sur le plan économique et social » avec M. Zemmour, estimant qu’il « s’aligne sur des positions plutôt libérales et conservatrices assez classiques » opposées aux siennes.

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Sondage réalisé en ligne les 5 et 6 octobre auprès d’un échantillon de 1 309 personnes représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, dont 1 204 inscrits sur les listes électorales, selon la méthode des quotas, avec une marge d’erreur entre 1,4 et 3,2 points.

Le Monde avec AFP

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