Election présidentielle 2022 : Bertrand pose ses conditions pour participer au congrès des Républicains, ses concurrents agacés – Le Monde

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Le candidat de la droite à la présidentielle Xavier Bertrand, sur le plateau du 20 heures de France 2, répond aux questions de la journaliste Anne-Sophie Lapix, le 30 septembre 2021.

La guerre des nerfs reprend de plus belle à droite. Et une nouvelle fois à propos du congrès qui doit voir la désignation du candidat à l’élection présidentielle. Michel Barnier et Valérie Pécresse, ainsi que leurs proches respectifs, ont appelé vendredi 1er octobre Xavier Bertrand à « respecter » les militants du parti Les Républicains (LR) qui ont fait le choix d’un congrès pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle.

Hostile à une primaire, le président de la région Hauts-de-France avait dit jeudi 30 septembre sa méfiance face à ce qui sera, selon lui, « un congrès d’affrontement » des candidats à l’investiture, plaidant pour « un congrès de rassemblement » et les appelant à le rencontrer « très prochainement ».

Ce congrès, qui doit permettre de départager les prétendants de la droite lors d’un scrutin restreint aux seuls adhérents Les Républicains (LR), se déroulera les 1er et 4 décembre. Pour l’heure, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, Michel Barnier, l’ancien négociateur du Brexit pour l’Union européenne, le député Eric Ciotti, ou encore Philippe Juvin, le maire de La Garenne-Colombes, ont confirmé leur participation. Mais Xavier Bertrand, qui se disait hostile à une primaire ouverte – et donc plutôt favorable à un congrès –, maintient l’ambiguïté depuis plusieurs semaines.

« Une question de loyauté »

« Les militants ont choisi, démocratiquement, je recommande de respecter leur vote, ils ont le droit à ce respect », a dit Michel Barnier, interrogé sur BFM-TV vendredi soir. « Je recommande que tous ceux qui veulent le soutien de cette famille, des élus, des militants – qui ont beaucoup de patience –, jouent cette règle du jeu », a-t-il ajouté. « C’est une question de loyauté et de confiance mutuelle. »

En déplacement à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), Valérie Pécresse a estimé qu’« il n’y a pas de candidat naturel aujourd’hui, il faut donc jouer collectif ». « Le congrès qui a été choisi pour départager les candidats, c’est un processus d’unité, c’est pour ça que je l’ai accepté. »

« Ma porte est toujours ouverte à ceux qui veulent le dialogue, mais à un moment donné il faut un processus de sélection, il ne faut pas avoir peur de la sélection, car c’est la condition de l’unité. »

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« Un congrès de rassemblement pour moi, c’est un congrès des adhérents », a dit vendredi matin le député LR Olivier Marleix, membre de l’équipe de campagne de Michel Barnier, sur RFI, en appelant « au respect des adhérents », qui ont « décidé d’une formule » pour la désignation du candidat de la droite.

« Ce choix a été pris d’ailleurs un peu à la demande de Xavier Bertrand, de ses amis, qui ont fait savoir qu’il participerait si c’était un congrès. C’était il y a six jours, je ne vois pas au nom de quoi on changerait les règles aujourd’hui », a-t-il ajouté. Et si d’aucuns sont « fébriles », à cause de « sondages pas très mirobolants pour la droite », alors « mettons-nous en campagne », a-t-il exhorté.

« C’est au président des Républicains de prendre l’initiative »

Interrogé pour savoir si Michel Barnier accepterait de rencontrer M. Bertrand, Olivier Marleix a de nouveau insisté sur la « règle » posée pour le congrès et estimé que « si une initiative doit être prise, c’est sans doute au président des Républicains [Christian Jacob] de la prendre », car il est « garant du respect des adhérents ».

Quant à savoir si LR pourrait renoncer au congrès si Xavier Bertrand parvenait d’ici là à s’imposer comme le candidat naturel de la droite, il s’est voulu ferme : « Le congrès doit avoir lieu, et il aura lieu avec les candidats qui seront candidats jusqu’au bout, qui rempliront les conditions. »

Sur Twitter, le porte-parole des Républicains, Gilles Platret, avait déjà souligné jeudi « pour rappel » que les adhérents du parti de droite avaient décidé, samedi 25 septembre, d’« une élection à deux tours. Et donc avec plusieurs candidats », écartant implicitement l’idée d’un congrès où un seul nom serait soumis à l’approbation.

« Les adhérents LR ont choisi un scrutin interne pour élire démocratiquement celle ou celui qui portera les couleurs de la droite en 2022. Personne ne doit faire bande à part ni tenter de leur voler ce libre choix », avait quant à lui tweeté jeudi l’eurodéputé Geoffroy Didier, proche de Valérie Pécresse.

L’irruption d’Eric Zemmour, le polémiste d’extrême droite, candidat présumé dans la course à la présidentielle, suscite un sentiment mêlé de panique et d’urgence dans les rangs de LR, dont les partisans de Xavier Bertrand entendent tirer profit. Le dernier sondage Harris Interactive publié mardi 28 septembre accorde à Eric Zemmour 13 % à 14 % d’intentions de vote, derrière la représentante du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen (16 %). Xavier Bertrand récolterait 14 % des suffrages, devant Valérie Pécresse (12 %) et Michel Barnier (8 %).

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Le Monde avec AFP

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