Election en Pologne : le président sortant Andrzej Duda donné gagnant à l’arraché – Le Monde

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Le président Andrzej Duda se réjouit de son avance dans les sondages à la sortie des urnes, à Pultusk (Pologne), le 12 juillet.

Le face-à-face de deux Pologne, rurale et conservatrice d’un côté, libérale et citadine de l’autre, a atteint son paroxysme, dimanche 12 juillet, lorsque les premières estimations de vote, au soir du second tour de l’élection présidentielle, ont abouti à une égalité presque parfaite entre les deux finalistes. A 21 heures, dans un parc situé au pied de la vieille ville de Varsovie, sur les bords de la Vistule, les partisans de Rafal Trzaskowski, sautillaient de joie : « On va gagner ! On va gagner ! ». Selon les sondages sortie des urnes, le score du candidat de l’opposition libérale et maire de Varsovie s’élevait alors à 49,6 %, contre 50,4 % pour le président sortant, Andrzej Duda, représentant du parti au pouvoir Droit et Justice (PiS). Chacun sait à ce moment-là que la marge d’erreur autorise tous les scénarios. Une nuit fébrile commence, pour les deux camps.

« J’espère me réveiller demain dans une Pologne normale », exulte Filip, 19 ans, en quittant la soirée électorale de la Plate-forme civique (PO, centre droit), le parti de M. Trzaskowski. « L’espoir renaît alors que, depuis cinq ans, la tendance autoritaire paraissait impossible à arrêter », ajoute-t-il, enroulé dans un drapeau européen au milieu d’une assistance particulièrement jeune. Mais à 2 heures du matin, des estimations plus précises tombent : 51 % pour le président sortant contre 49 % pour son opposant. Si les résultats officiels ne devraient être communiqués que lundi dans la soirée, l’écart paraît cette fois difficile à combler. Et tout indique qu’à 48 ans, le même âge que son concurrent, Andrzej Duda est reparti pour un second mandat.

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Une campagne particulièrement dure

Sans attendre, dès le début de la soirée, ce dernier avait déjà convié son adversaire à venir au palais présidentiel pour une « poignée de mains » censée clore une campagne particulièrement dure, durant laquelle le parti au pouvoir n’a cessé de multiplier les attaques et les invectives. « Merci, a répondu Rafal Trzaskowski, mais pas avant les résultats officiels »

Le candidat de l’opposition Rafal Trzaskowski s’adresse à ses partisans rassemblés après le 2d tour de la présidentielle, à Varsovie, le 12 juillet.

Pour Andrzej Duda, il s’agit de recoller les morceaux. Non seulement le PiS n’a pas obtenu le plébiscite qu’il espérait après cinq années de « révolution conservatrice » et de redistribution sociale d’une ampleur sans précédent, mais la fracture entre deux Pologne n’a jamais été aussi évidente. La carte électorale de dimanche soir révèle en effet un fossé générationnel – 64,4 % des 18-29 ans ont voté pour M. Trzaskowski, 61,7 % des plus de 60 ans pour M. Duda – et une division profonde entre les villes (66,5 % pour le premier dans les métropoles) et les campagnes (63,2 % pour le second). Le clivage entre l’ouest et l’est du pays est réapparu avec force lors de ce scrutin marqué par une mobilisation record, 67,9 %, en augmentation par rapport au premier tour du 28 juin (64,51 %). Même les Polonais de l’étranger se sont rués vers leurs consulats. A Split, en Croatie, par exemple, ils étaient des centaines de vacanciers à faire la queue jusque tard pour déposer leur bulletin de vote.

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