Échauffourées en marge de la manifestation des soignants à Paris – Le Figaro

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Une voiture arborant un macaron «handicapé» renversée, un car touristique assailli par des jeunes encagoulés, des centaines de pavés jetés sur les forces de l’ordre, du mobilier urbain incendié… Des heurts jugés « assez violents » par les autorités ont éclaté, ce mardi après-midi à Paris, mais aussi Nantes ou Toulouse, en marge des manifestations de soignants. «On nous a volé cette manifestation par la force, c’est dégueulasse!», déplore Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf).

A Paris, au moment où le cortège de soignants, parti du ministère de la Santé, arrivait sur l’esplanade des Invalides, la manifestation pour défendre l’hôpital a cédé la place à plusieurs centaines de casseurs vêtus de noir, qui ont mis le feu à du mobilier urbain et jeté des projectiles sur les forces de l’ordre, aux cris de «tout le monde déteste la police». Des pots de fleurs ont été déterrés, des véhicules caillassés et retournés, tandis que fusaient les insultes. Peu de magasins ont été atteints, dans un quartier qui n’est pas très commerçant.

«Des groupes violents tentent de faire dégénérer la manifestation pacifique des soignants», a tweeté la préfecture de police de Paris. Elle a estimé à 18.000 le nombre de participants. Parmi eux, 250 à 300 ultra « gilets jaunes » et quelques dizaines de membres de l’« ultragauche ». Les forces de l’ordre ont répliqué avec de nombreux tirs de lacrymogène, avant que des CRS ne lancent plusieurs charges, dans un climat tendu et chaotique. Cette situation a créé la consternation parmi les soignants et leaders syndicaux. Une dizaine de policiers ont été blessés. A 18 heures, on comptait 24 arrestations.

En fin d’après-midi, le croisement des rues de l’Université et Faber ressemblait à un champ de ruines. Énormes pierres au sol, pavés arrachés, trottinettes renversées. Pendant ce temps, les soignants, se tenaient à l’écart sur la pelouse des Invalides. Une infirmière en larmes, soutenue par des collègues, s’en prenait aux émeutiers : «Vous avez mis notre manif en l’air, vous êtes des c…!».

Après trois mois de crise sanitaire, médecins, aides-soignants et infirmiers battaient le pavé par milliers mardi un peu partout en France pour rappeler le gouvernement à ses promesses sur l’hôpital, en plein «Ségur de la santé». Plus de 220 rassemblements étaient prévus dans le cadre de cette journée d’action nationale, organisée à l’appel d’une dizaine de syndicats et collectifs de soignants. Mais ces premières manifestations autorisées ont dégénéré dans plusieurs villes.

A Nantes, où environ 5.500 personnes ont participé à la marche, des heurts ont éclaté devant la préfecture. «La manifestation depuis le CHU jusqu’à la préfecture s’est déroulée plutôt bien dans l’ensemble, a déclaré à l’AFP Johann Mougenot, directeur de cabinet de la préfecture de Loire-Atlantique. Mais une vingtaine d’individus cagoulés ont lancé des mortiers dans l’enceinte de la préfecture. Il y a des membres du cortège qui leur ont demandé d’arrêter de lancer des projectiles. Les forces de l’ordre ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène et de lance à eau».

A Toulouse, des tensions ont éclaté entre les forces de l’ordre et les derniers manifestants, des personnes masquées et quelques «gilets jaunes», les blouses blanches se faisant de moins en moins nombreuses. «Reculez, la manifestation n’était pas déclarée!», ont crié les forces de l’ordre. Plusieurs charges ont alors suivi, couplées d’une pluie de pavés côté manifestants et de jets de gaz lacrymogène. Policiers et gendarmes ont ensuite tenté de disperser les marcheurs dans les rues adjacentes, menaçant de verbalisations en cas de refus. «Il faut fermer!», a ordonné un policier à un commerçant. «Vous, vous tuez, nous on sauve des vies, Monsieur!», lui a alors répliqué une femme vêtue d’une blouse blanche, sous les applaudissements des passants.

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