E.coli dans des pizzas Buitoni: une épidémie d’une “ampleur jamais décrite en France” – BFMTV

Selon l’épidémiologiste Gabrielle Jones, avec 75 cas de syndromes hémolytiques et urémiques observés, “nous sommes déjà à la moitié de ce qu’on observe habituellement sur une année”.

Depuis quelques semaines, les cas de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) liés à une contamination à la bactérie Escherichia coli se multiplient en France. Une maladie qui touche principalement les enfants, et dont certains cas récents sont bien liés, d’après les autorités sanitaires, à la consommation de pizzas Fraich’up de la marque Buitoni.

Au 28 mars, Santé Publique France évoquait 75 cas “en cours d’investigation”, sur des enfants âgés de 1 à 18 ans, dont deux sont morts. Auprès de France Inter, Gabrielle Jones, épidémiologiste pour Santé Publique France, estime qu’il s’agit là de “l’épidémie de la plus grande ampleur jamais décrite en France”.

Depuis la mise en place de la surveillance en 1996, une centaine de cas pédiatriques de SHU sont en général signalés chaque année dans le pays.

“Là, nous sommes déjà à la moitié de ce qu’on observe habituellement sur une année”, alerte l’épidémiologiste. “Avec 41 cas que l’on appelle ‘épidémiques’, il s’agit du nombre le plus important de cas reliés à une même épidémie qu’on a jamais observé.

Complications au cœur et au cerveau

Les symptômes dus aux syndromes hémolytiques et urémiques peuvent être multiples: diarrhée, douleurs abdominales ou vomissements, signes de grande fatigue, de pâleur, une diminution au niveau des urines… Le ministère de la Santé rappelle par ailleurs que le SHU est la principale cause d‘insuffisance rénale aiguë chez les enfants de moins de trois ans en France. Et Gabrielle Jones assure que cette maladie est “rare mais grave”.

“Il peut y avoir des complications associées qui touchent le cœur et le cerveau, et on peut avoir également des séquelles assez importantes qui peuvent durer, voire des décès, ce qu’on a malheureusement dans le cadre de cette épidémie” déplore-t-elle.

L’épidémiologiste précise à France Inter qu’au sujet des origines de l’épidémie, plusieurs options sont mises sur la table par les autorités:

“Nous explorons différentes hypothèses pour savoir comment les contaminations ont pu se produire malgré la cuisson de la pizza. Cela peut être la manipulation de la pizza pas encore cuite” suppose Gabrielle Jones.

Elle précise par ailleurs que la bactérie E.coli “résiste bien au froid,” mais est normalement “tuée par la cuisson”, ce qui rend cette épidémie “très inhabituelle”.

Nestlé (à qui appartient Buitoni) a indiqué ce jeudi que des tests menés sur son site de Caudry, dans le Nord, qui produit certaines des pizzas contaminées, se sont avérés négatifs. La société a fermé les deux chaînes de production de l’usine. Elle avait rappelé le 18 mars toutes les pizzas Buitoni de la gamme Fraich’Up après l’identification d’un possible lien avec des contaminations à l’E.coli.

Louis Augry

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