Du Havre à Matignon, Edouard Philippe sous pression – Le Monde

Spread the love
Le premier ministre, Edouard Philippe, le 3 juin à l’Elysée.

Le premier week-end de juin, Edouard Philippe est revenu au Havre (Seine-Maritime) en toute discrétion pour la première fois depuis le premier tour des élections municipales, le 15 mars. Il compte y retourner ce week-end, à nouveau à titre privé. Pas question de se lancer trop vite dans la campagne en vue du second tour, le 28 juin : le premier ministre, affirment ses proches, ne s’adressera pas aux Havrais avant la semaine prochaine.

Il faut laisser le temps à Emmanuel Macron de s’exprimer lors de son allocution, dimanche 14 juin, qui doit esquisser la sortie de crise sanitaire et préparer l’entrée dans la dernière phase du quinquennat. Le chef de l’Etat précisera son plan d’action début juillet. Et rien n’assure, pour l’heure, qu’Edouard Philippe en fera partie.

Lire aussi Emmanuel Macron prépare son discours de dimanche en consultant, notamment le conseil scientifique

C’est le paradoxe Philippe : malgré une popularité au zénith, l’avenir du premier ministre reste en suspens. Emmanuel Macron, d’un côté, veut fixer un « nouveau cap » à son mandat, mais de l’autre, jure que l’équation ne se résume pas à une question de personnes.

L’ancien lieutenant d’Alain Juppé, qui se définit comme « un homme de droite », peut-il incarner les orientations de l’après-crise, plus axées sur le social, l’écologie, avec une réforme des retraites qui serait amputée de l’âge pivot auquel il tient tant ? « Je ne sais plus répondre à cette question. Il y a un scénario crédible avec lui et un scénario crédible sans lui », souffle une ministre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La réforme des retraites revient à petits pas

« Si on ne change pas de premier ministre, de méthode, de vision, ça va être compliqué pour 2022 », estime pour sa part un poids lourd de la majorité. D’autant que les divergences et les points de crispation se sont multipliés entre les deux têtes de l’exécutif lors de la crise due au coronavirus.

« Le président a besoin de lui »

Edouard Philippe lui-même prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, mardi, il a ainsi lancé au député Francis Vercamer (UDI et indépendants), qui s’apprête à quitter le Palais-Bourbon pour redevenir maire de Hem, dans le Nord : « Je respecte ce choix, et je le comprends. » Le premier ministre entend-il tourner la page, après trois ans de service ? « J’ai hâte de revoir la mer », glisse-t-il parfois à ses interlocuteurs.

« Il estime que son identité est havraise, cette élection est très importante pour lui, relève un intime. C’est ce parcours d’élu local, ainsi que celui auprès d’Alain Juppé, d’incarnation d’une droite sociale, qui fait qu’il est arrivé à Matignon. » Et qu’il entend y rester.

Il vous reste 67.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply