Double meurtre dans les Cévennes : Valentin Marcone a avoué, la préméditation retenue – Le Figaro

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Le jeune homme est passé aux aveux dès samedi, après 83 heures de fugue. Il s’exprime «clairement» et se montre «très coopératif» avec les enquêteurs, a expliqué ce dimanche le procureur de la République du Gard Éric Maurel.

Le meurtrier des Cévennes se livre. Toujours en garde à vue, jusqu’à ce dimanche après-midi, Valentin Marcone a avoué samedi dès les premières auditions avoir tué son patron Luc Teissonnière et son collègue Martial Guérin, mardi dernier aux Plantiers (Gard).

Le procureur de la République du Gard Eric Maurel a expliqué ce dimanche lors d’une conférence de presse conserver «l’idée d’une préméditation». «Les éléments qui permettent de retenir la préméditation sont nombreux», a-t-il précisé, notamment le port d’une arme chargée, voire chambrée (prête au tir), et le mode opératoire suivi : «l’intéressé nous dit qu’il a eu une altercation avec son employeur et son collègue au sujet du paiement d’heures supplémentaires. Il y a eu un échange très rapide. Il est passé par-dessus un tapis roulant, a ouvert un vêtement et s’est emparé de son arme. Il y a eu un certain temps pour effectuer cette manipulation» a souligné le magistrat. «Il a ouvert le feu à trois voire quatre reprises sur les deux malheureuses victimes. Il semblerait qu’entre les tirs sur son employeur et ceux sur son collègue, il aurait pu abaisser le bras puis le relever», a-t-il ajouté. Pour ces assassinats, l’homme encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

«À ce stade de la procédure judiciaire, la garde à vue de Monsieur Marcone sera levée en début d’après-midi, il sera déféré devant un juge d’instruction, sur la qualification d’assassinats, assassinats engagés sur les deux victimes», a déclaré Éric Maurel

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Concernant son profil, «rien ne permet de dire qu’il soit paranoïaque, nous laisserons cela aux experts», a précisé le procureur. «Pour autant, on sent que c’est quelqu’un qui avait peur, notamment de certaines personnes du village, et c’est cette peur qui l’avait conduit à venir au travail avec un gilet pare-balles depuis trois ans, et avec une arme depuis plusieurs mois», a-t-il repris. Valentin Marcone avait installé chez lui un système de vidéoprotection, qui a été utile pour les enquêteurs. «Il semble que c’est quelqu’un qui soit très respectueux de la règle. Il a fait confiance aux institutions, porté des plaintes. Il semblerait que finalement, ce garçon ait pu concevoir une frustration ou une déception au regard du système, qui n’apportait pas de réponse», a analysé Eric Maurel. Il aurait ensuite «décidé» que c’était à lui de régler ses problèmes. «Un licenciement pour faute grave a pu être envisagé selon lui ce matin-là», a-t-il été également expliqué pour décrypter le passage à l’acte, l’enquête restant prudente sur ce point.

Concernant le temps passé en forêt, «il s’est débarrassé très rapidement de ses armes, l’une étant cachée de manière sophistiquée (l’arme de poing), l’autre n’ayant pas encore été retrouvée». L’arme de poing retrouvée est suspectée d’être celle des homicides. Le procureur a souligné que l’auteur a avoué rapidement son crime, s’exprimant «de manière claire et cohérente». Eric Maurel a également tenu à souligner que le matin du drame, «l’alerte a été donnée par des membres de sa propre famille».

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Une fugue de 83 heures

Le colonel Michel, commandant de la section de recherches de Nîmes, a ensuite pris la parole pour expliquer que l’arme emportée par le fugitif était particulièrement dangereuse. «Il a déclaré tirer jusqu’à 600 mètres avec sa carabine, et était parti avec une boîte de 50 munitions», a annoncé le gendarme. Toutefois, il s’est décidé rapidement à se débarrasser de ses armes et «ne voulait pas faire de mal aux gendarmes». Il a rejoint une «espèce de trou à sanglier» qu’il a aménagé à mains nues puis s’est terré dedans. L’endroit était à proximité d’un ruisseau, il avait donc de l’eau, mais pas de nourriture. «Ce n’était pas un poste de combat» a poursuivi le colonel. La fugue aura duré 83 heures précisément, pendant lesquelles l’intéressé «déclare avoir pensé au suicide mais ne pas avoir eu le courage de passer à l’acte». «Il n’a pas fait part de regrets. Il se positionne comme une victime qui a réagi à une agression», a-t-il ajouté.

«En dépit de propositions réitérées des officiers de police judiciaire, Valentin Marcone n’a pas souhaité être assisté par un avocat», avait précisé le procureur hier samedi selon l’AFP. Un choix confirmé ce dimanche. «Dans ce cas, le juge d’instruction ne peut pas lui poser de questions et la personne peut garder le silence ou faire une déclaration spontanée», avait-il ajouté.

La présence d’un avocat sera toutefois obligatoire pour le passage du prévenu devant le juge des libertés et de la détention. Un avocat commis d’office sera donc présent lors du débat sur son placement en détention.

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