Double explosion de Beyrouth : le monde au chevet du Liban – Le Monde

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Evacuation de blessés après une double explosion à Beyrouth, le 4 août.

Les capitales du monde entier, Paris en premier lieu, avaient déjà fait preuve de leur solidarité envers le Liban, dans une unanimité que seules les catastrophes les plus graves peuvent faire advenir, lorsque Donald Trump a subitement jeté le trouble. Tandis que le gouvernement libanais confirmait la piste d’un accident industriel d’une ampleur inédite, le président américain a qualifié devant des journalistes la catastrophe de Beyrouth d’« attaque » après avoir répété que son pays se tenait prêt à apporter son aide.

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« J’ai rencontré des généraux et il semble que ce n’était pas un accident industriel. Il semble, selon eux, que c’était un attentat, c’était une bombe », a-t-il persisté lors de sa conférence de presse quotidienne sur l’épidémie de Covid-19, alors que les ruines de Beyrouth étaient encore fumantes et les contours de l’aide internationale promise au Liban commençaient tout juste à s’esquisser.

M. Trump a-t-il voulu éviter de se dédire après un premier lapsus malencontreux en évoquant sa rencontre avec des hauts gradés, quitte à faire croire à un acte délibéré, dans une région encore sous le choc ? Ses propos ont suscité la sidération, alors même que les Etats-Unis s’étaient déclarés plus tôt prêts à offrir leur aide au Liban pour l’aider à « se remettre de cette horrible tragédie ».

Le désastre de mardi soir puis les déclarations malheureuses de M. Trump sont en effet intervenus alors que le Liban baigne déjà dans un contexte de tensions sécuritaires, lié aux accrochages frontaliers contenus entre Israël et le Hezbollah dans le sud du pays. Les autorités israéliennes avaient d’ailleurs jugé bon de faire savoir peu de temps après l’explosion qu’elles n’avaient n’avoir « rien à voir avec cet incident », selon un responsable s’exprimant anonymement, cité mardi par l’agence Reuters. Israël a même affirmé avoir offert son aide au Liban, par le biais des médiateurs internationaux, les deux pays étant officiellement en guerre.

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Acheminement de « plusieurs tonnes de matériel sanitaire »

Cette déclaration de pure forme, a été émise au diapason de nombreux gouvernements de la planète, qui ont multiplié les propositions d’aide en direction d’un pays devenu exsangue, au système politique épuisé et de qui l’on exigeait il y a peu des réformes drastiques. La France, qui avait dépêché un Jean-Yves Le Drian sévère à Beyrouth fin juillet, a ainsi déclaré être aux « côtés du Liban ». Emmanuel Macron, qui s’est entretenu avec son homologue libanais Michel Aoun, a annoncé plus a la soirée l’acheminement d’un détachement de la sécurité civile et de « plusieurs tonnes de matériel sanitaire » à Beyrouth.

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