« Donald Trump est dépassé » : la charge de Michelle Obama à la convention démocrate – Le Monde

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Ceux qui s’attendaient à un discours fort n’auront pas été déçus. Intervenant en clôture de la première journée de la convention démocrate, lundi 17 août, Michelle Obama a fait passer un sentiment d’urgence sur l’élection présidentielle du 3 novembre, appelant les Américains à voter pour le candidat démocrate Joe Biden « comme si leur vie en dépendait ».

Dans une intervention de vingt minutes, parfois poignante, empreinte de « l’empathie » manquant cruellement, selon elle, à Donald Trump, l’ex-First Lady s’est déclarée révoltée par la réponse de la Maison Blanche à une pandémie qui a fait plus de 170 000 morts. Les Etats-Unis n’ont « pas été à la hauteur », a-t-elle jugé. Ni sur le plan de la santé publique ni sur celui de la défense de leurs valeurs.

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« Laissez-moi être aussi honnête et claire que possible, a -t-elle déclaré, assise dans son bureau de Washington, dans une vidéo enregistrée pour éviter tout incident technique. Donald Trump n’est pas le bon président pour le pays. Il est dépassé, incapable d’être à la hauteur du moment. Et tout simplement incapable d’être celui dont nous avons besoin. » Avant d’ajouter, fixant la caméra : « C’est comme ça » (« It is what it is »). Une référence à la réponse − glaciale − de M. Trump interrogé le 4 août sur le nombre de victimes de la pandémie.

« Le chaos et la division »

Pour la première fois, Michelle Obama a semblé désespérer de son pays. Citant les incidents qui se sont multipliés depuis l’apparition de la pandémie – les querelles autour du port du masque, l’absence de solidarité, les appels à la police pour dénoncer des concitoyens –, elle s’est inquiétée d’un climat moral dégradé, comme si les Américains avaient oublié leurs valeurs traditionnelles, sous l’influence d’un président qui est adepte du « chaos et de la division ». « Les jeunes voient ce qui se passe quand nous cessons d’avoir de l’empathie les uns pour les autres. Ils se demandent si nous leur avons menti depuis tout ce temps sur nos valeurs et qui nous sommes. C’est triste. Voilà l’Amérique telle qu’elle se présente à la prochaine génération. »

Le discours de celle qui est devenue la plus populaire des démocrates était très attendu. C’était sa quatrième intervention dans une convention du parti depuis 2008 et l’investiture de son mari, le jeune sénateur de l’Illinois, pour la course à la Maison Blanche. A l’époque, elle était apparue intimidée, mais joyeuse, sous les colonnades du temple de faux marbre reconstitué dans un stade de Denver (Colorado). Huit ans plus tard, à Philadelphie, en 2016, elle avait plaidé pour Hillary Clinton et balayé les attaques pernicieuses du milliardaire des casinos. « Quand ils s’abaissent, nous nous élevons », avait-elle défié. « Michelle » a répété qu’elle croyait toujours, malgré la défaite, à ce slogan qui a fait le tour du monde (« When they go low, we go high »).

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