Donald Trump engage le retrait officiel des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat – Le Monde

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Les règles de procédure obligeaient le président américain à attendre trois ans à compter de l’entrée en vigueur de l’accord. Il lui faudra encore patienter un an avant la sortie effective du traité international.

Par Publié aujourd’hui à 22h21 – Mis à jour le 05 novembre 2019 à 00h12

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Le président américain, Donald Trump, face à la presse le 3 novembre, à Washington.

Donald Trump s’en vante dès qu’il le peut. Il aurait, assure-t-il, sorti les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, un texte qu’il qualifie volontiers de « désastre » et de « tueur d’emplois ». En réalité, l’affaire n’est pas encore conclue. Elle a toutefois fortement progressé lundi 4 novembre. Le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, a en effet annoncé, dans un communiqué, avoir officiellement engagé le retrait de son pays du traité international scellé en 2015, qui vise à contenir la hausse de la température mondiale bien en deçà de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Il l’a notifié dans une lettre adressée au secrétariat général des Nations unies, dépositaire du texte – ce que l’ONU a confirmé lundi soir.

Mike Pompeo reprend la thèse d’un accord qui aurait imposé « un fardeau économique injuste » aux Etats-Unis. « Nous continuerons à proposer un modèle réaliste et pragmatique, étayé par des résultats concrets, montrant que l’innovation et les marchés ouverts conduisent à une plus grande prospérité, à une réduction des émissions [de gaz à effet de serre] et à des sources d’énergie plus sûres », a assuré le secrétaire d’Etat. Le président devait mentionner cette notification lors d’un meeting prévu le même soir dans le Kentucky, bastion républicain et Etat charbonnier.

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Donald Trump avait déjà annoncé en juin 2017, avec pertes et fracas, cette volonté de se retirer de l’accord de Paris. Mais les règles de procédure l’obligeaient à attendre trois ans à compter de l’entrée en vigueur du texte (intervenue le 4 novembre 2016), avant de pouvoir entamer les démarches officielles, soit à partir du lundi 4 novembre 2019. Il lui faudra encore patienter un an avant la libération effective du traité, ce qui revient à en sortir définitivement – ironie du sort – au lendemain de l’élection présidentielle américaine qui aura lieu le 3 novembre 2020.

Si cette nouvelle étape ne devrait pas créer la même onde de choc que l’annonce de 2017, elle n’en reste pas moins un signal inquiétant. Le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, après la Chine, tourne définitivement le dos au reste du globe, alors que le climat est devenu un enjeu majeur pour nombre de citoyens, en particulier de jeunes, sur fond de multiplication des événements climatiques extrêmes.

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