«Dôme de fer»: comment fonctionne le système antimissile – Le Figaro

Spread the love

INFOGRAPHIE – Depuis une dizaine d’années, Israël a mis en place un bouclier contre les roquettes. Face aux centaines de projectiles tirés de la Bande de Gaza, ce système a fait ses preuves, même s’il n’est pas infaillible.

Développé par Israël avec l’aide des États-Unis, le Dôme de fer est un système mobile destiné à contrer des projectiles, tels que des roquettes ou des obus d’artillerie. Selon son constructeur, il permet d’abattre en vol des engins d’une portée allant jusqu’à 70 km, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, par temps de pluie, de nuages bas ou de brouillard. S’il a d’abord suscité le scepticisme quant à son efficacité, le bouclier antimissiles, déployé il y a une dizaine d’années, a depuis intercepté des milliers de roquettes palestiniennes en provenance de l’enclave de Gaza.

La première batterie a été installée en mars 2011 dans la région de Beersheva, la capitale du désert du Néguev, située à 40 km de la bande de Gaza. D’autres batteries ont ensuite été déployées, notamment près des villes d’Ashkelon, d’Ashdod, au sud de Tel-Aviv, près de la ville de Nétivot, à 20 km de Gaza, mais aussi aux frontières libanaise et syrienne.

Chaque batterie comprend un radar de détection et de pistage, un logiciel de contrôle de tir et trois lanceurs équipés chacun de 20 missiles d’interception. Chaque tir de batterie reviendrait à environ 40 000 d’euros. L’objectif n’est pas de détruire tous les projectiles, mais uniquement ceux dont les trajectoires sont supposées viser des zones habitées.

Lors d’une alerte, le radar localise la menace. Selon son constructeur, la société Elta, il serait capable de détecter un engin tiré à plus de 100 km et de suivre 200 cibles par minute. En recevant les données du radar, un ordinateur de gestion de bataille et d’armement détermine la localisation du futur point d’impact. Si celui-ci se situe dans une zone peuplée, un lanceur est activé. L’envoi d’un missile d’interception Tamir est alors déclenché par un tireur. Équipés de capteurs électros-optiques et de huit ailerons de direction ces missiles, très maniables, se rapprochent de leur cible. Lors du croisement, l’explosion de leur ogive propulse des fragments de métal. Si le timing est bon, les fragments touchent l’ogive de la roquette ennemie et la font exploser. De l’aveu même de ses concepteurs, le système ne saurait être efficace à 100 %. Le constructeur Rafael annonce un taux de réussite à 90 %, pour un total de plus de 2000 interceptions réussies.

En 2016, une version navale a été testée à partir de la corvette INS Lahav. En mars dernier, un nouveau développement du système a été dévoilé qui, selon l’État hébreu, pourrait dorénavant intercepter simultanément roquettes, missiles et drones.

Outre le Dôme de Fer, Israël dispose de batteries antimissiles Arrow, capables d’intercepter des missiles balistiques, et David’s Sling pour des engins à moyenne portée.

En mars, Israël a aussi présenté un nouveau mortier à guidage laser, le «Iron sting», «conçu pour frapper des cibles avec précision dans des terrains ouverts ou des zones urbaines et ce, en minimisant la possibilité de dommages collatéraux», selon le ministre de la Défense Benny Gantz.

Leave a Reply