Dix bases américaines mobilisées dans les opérations d’évacuation d’Afghanistan – Le Monde

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Des familles afghanes après leur arrivée à l’aéroport international de Washington Dulles, à Chantilly, en Virginie, le jeudi 26 août 2021.

Après la précipitation, le chaos. Longtemps redoutée, la menace djihadiste fait prendre une tournure sanglante aux dernières opérations d’évacuation en Afghanistan. A quatre jours du retrait total des forces américaines de Kaboul, prévu le 31 août, les départs de civils s’achèvent sur fond de tensions sécuritaires et d’attentats.

La cadence des vols exfiltrant Afghans et Occidentaux qui cherchent à fuir la capitale afghane, désormais contrôlée par les talibans, s’était pourtant considérablement accélérée, ces derniers jours. En l’espace de douze heures, jeudi 26 août, quelque 7 500 personnes ont été évacuées de l’aéroport de Kaboul, a annoncé Washington.

« Le résultat de quatorze vols militaires américains qui ont transporté environ 5 100 personnes évacuées, et de trente-neuf vols de la coalition avec 2 400 personnes », ont avancé les autorités américaines, sans préciser si des départs avaient pu être organisés après la double attaque-suicide revendiquée par l’Etat islamique-K (EI-K), la branche régionale de l’organisation djihadiste, aux abords de l’aéroport. Plusieurs dizaines de civils afghans et treize militaires américains ont été tués, selon un bilan provisoire.

« Un avion toutes les 39 minutes »

Plus tôt dans la journée de jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, opposait l’effort logistique et la mobilisation des moyens aériens américains consacrés à l’évacuation des citoyens afghans et occidentaux – qualifiés de « l’un des plus grands ponts aériens de l’histoire mondiale » – aux critiques d’un départ précipité sur fond de désespoir. « Un avion décolle toutes les 39 minutes », a-t-elle ajouté.

Pas moins avare de superlatifs, le général Stephen R. Lyons, chef de l’US Transportation Command, avait dépeint, mardi, l’opération en cours comme un « effort herculéen soulignant l’engagement des Etats-Unis envers [leurs] alliés afghans en leur offrant une nouvelle chance d’avoir une vie meilleure et un avenir plus sûr ».

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Depuis le 14 août, plus de 95 000 personnes ont quitté le sol afghan, ce qui correspond à plus de 104 000 départs depuis la fin du mois de juillet, assurés par l’armée américaine et ses alliés de l’OTAN. La plupart de ces personnes ont été convoyées vers ce que les autorités américaines appellent des « refuges temporaires » : un réseau de dix installations militaires en Europe et au Moyen-Orient où les exilés sont regroupés dans l’attente d’une relocalisation aux Etats-Unis ou dans les pays qui seront prêts à les accueillir.

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