Disparition d’Estelle Mouzin : « Michel Fourniret a reconnu les faits », selon le parquet de Paris – Le Monde

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Croquis, réalisé le 13 novembre 2018, du tueur en série Michel Fourniret, devant la cour d’assises des Yvelines à Versailles.

Croquis, réalisé le 13 novembre 2018, du tueur en série Michel Fourniret, devant la cour d’assises des Yvelines à Versailles. BENOIT PEYRUCQ / AFP

Le nombre de victimes de « l’ogre des Ardennes » vient d’augmenter. Michel Fourniret, mis en examen pour l’enlèvement et le meurtre en 2003 d’Estelle Mouzin en Seine-et-Marne, « a reconnu sa participation aux faits », a fait savoir samedi 7 mars le parquet de Paris, confirmant une information du Point et d’Europe 1. Le tueur en série âgé de 77 ans, qui a longtemps nié son implication dans la disparition de la fillette, est passé aux aveux lors des trois jours d’interrogatoires qui se sont conclus vendredi soir dans le bureau de la juge d’instruction Sabine Kheris.

En novembre, il avait été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort » par cette juge chargée de l’enquête sur la disparition de la jeune fille, alors âgée de 9 ans. Il venait d’être auditionné pour ce dossier criminel vieux de dix-sept ans pendant près de trois heures, dans le bureau Mme Khéris, qui avait récupéré l’enquête en juillet.

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Déjà condamné deux fois à la perpétuité pour les meurtres de huit jeunes femmes ou adolescentes, précédés de viols ou tentatives de viol, entre 1987 et 2001, le tueur en série avait jusqu’à présent toujours nié son implication dans la disparition d’Estelle Mouzin, survenue le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Il affirmait se trouver ce jour-là à son domicile de Sart-Custinne, en Belgique. En guise d’alibi, Michel Fourniret invoquait un appel téléphonique passé à son fils le soir des faits pour son anniversaire. Son fils n’avait alors pas décroché, mais l’appel a été attesté par des relevés téléphoniques.

Cette version est, cependant, fragilisée par les déclarations de son ex-épouse Monique Olivier, qui a raconté à la juge, le 21 novembre, avoir elle-même passé ce coup de téléphone, à la demande de son mari. « Cela signifie que Michel Fourniret n’était pas à Sart-Custinne le jour de la disparition d’Estelle Mouzin. Il était ailleurs », a assuré l’avocat de Monique Olivier, Richard Delgenes. Le tueur en série se trouvait-il à Guermantes, village situé à 250 km de son domicile belge, à ce moment-là ? « On sait qu’à l’époque il partait plusieurs jours. » Mais « situer et dater ses absences de janvier 2003, c’est un peu compliqué aujourd’hui », a souligné Me Delgenes.

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Des « aveux en creux »

Agée de 9 ans, Estelle Mouzin a disparu alors qu’elle rentrait de l’école le soir du 9 janvier 2003. Son corps n’a jamais été retrouvé et les nombreuses pistes envisagées par les enquêteurs n’ont rien donné. En 2006, la police s’était intéressée une première fois à Michel Fourniret. Une photo d’Estelle Mouzin avait, en effet, été retrouvée sur son ordinateur et une camionnette blanche semblable à celle du tueur avait, à l’époque, été repérée en Seine-et-Marne.

Mais le tueur avait été mis hors de cause en 2007 dans cette affaire. Six ans plus tard, l’expertise de milliers de poils et cheveux prélevés dans sa voiture n’avait pas non plus permis de trouver de trace ADN de la fillette. Les spéculations sur sa possible implication ont néanmoins été relancées après une audition survenue en mars 2018, portant sur les meurtres de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish, tuées en 1988 et 1990 dans l’Yonne.

Face à la juge Sabine Kheris, également chargée de cette affaire, Michel Fourniret avait déclaré selon une source proche du dossier que la disparition d’Estelle Mouzin était « un sujet à creuser », estimant avoir le « cul merdeux » dans cette affaire. Des déclarations considérées comme des « aveux en creux » par les avocats du père d’Estelle Mouzin, engagé dans un combat sans relâche pour connaître la vérité sur la disparition de sa fille.

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Chronologie

9 janvier 2003

Estelle Mouzin, 9 ans, disparaît à Guermantes (Seine-et-Marne) entre son école et son domicile.

Juillet 2003

Les enquêteurs disent étudier le dossier de Michel Fourniret qui vient d’être arreté en Belgique. La police le met hors de cause en janvier 2007.

7 octobre 2013

L’expertise de poils et de cheveux prélevés dans la voiture de Michel Fourniret ne permet pas de retrouver de trace ADN d’Estelle.

8 janvier 2018

Le père attaque l’Etat pour « faute lourde », accusant la police et la justice d’avoir « renoncé à chercher sa fille ».

21 novembre 2019

L’ex-épouse de Michel Fourniret, Monique Olivier, contredit devant la juge chargée de l’enquête l’alibi fourni par le tueur en série.

27 novembre 2019

Michel Fourniret est mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ».

6 mars 2020

Michel Fourniret reconnaît les faits lors d’un interrogatoire par une juge d’instruction.

Le Monde avec AFP

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