Disparition de Delphine Jubillar : une perquisition «fructueuse» au domicile du couple en présence de son mari – Le Parisien

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Six jours après son interpellation sur son lieu de travail, mercredi 16 juin à Albi (Tarn), et quatre jours après sa mise en examen et son incarcération, Cédric Jubillar a retrouvé, selon nos informations, son domicile de Cagnac-les-Mines (Tarn), ce mardi 22 juin. Mais seulement le temps d’une perquisition réalisée sous le contrôle des gendarmes de la section de recherches de Toulouse.

Désormais mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire à la prison de Seysses (Haute-Garonne), l’époux de Delphine Jubillar, portée disparue depuis décembre, est arrivé chez lui sous bonne escorte dans le courant de la matinée.

Une opération « fructueuse »

Toujours selon nos informations, les enquêteurs cherchaient à mettre la main sur du matériel informatique. Plus précisément des cartes SD de smartphone et une clé USB susceptible de contenir plusieurs milliers de photographies et captures d’écran extraites de téléphones portables ayant appartenu aux époux Jubillar. L’opération, qualifiée de « fructueuse » dans les cercles de l’enquête, a été couronnée de succès, puisque cette clé USB a effectivement été retrouvée au domicile familial.

Les experts de la gendarmerie doivent désormais analyser cette masse de documents censés éclairer le contexte familial et la trajectoire personnelle du principal suspect dans les mois qui précèdent la disparition de l’infirmière d’Albi dans la nuit du 15 au 16 décembre.

Dans le viseur des gendarmes aussi, des possibles captures d’écran que Cédric Jubillar aurait pu extraire du téléphone de sa compagne dans le but de la surveiller et de traquer la trace d’un amant dont il suspectait l’existence. Des messages écrits, révélant l’état d’esprit de Cédric à l’égard, notamment, de Delphine, intéresseraient au plus haut point le service d’enquête comme les juges d’instruction. Selon une source proche de l’enquête, le mari parlerait de son épouse en des termes très peu aimables. Reste à savoir si ces messages datent d’avant ou d’après la disparition de l’infirmière d’Albi.

Des comparaisons avec de précédentes recherches dans la maison

Les gendarmes ont aussi cherché à comparer l’état actuel du domicile avec la situation dans laquelle ils avaient trouvé cette maison fin décembre et début janvier lors de leurs précédentes opérations de recherches.

Les 5 et 6 janvier, le pavillon avait été passé au crible par les experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à l’aide de Bluestar, un révélateur de taches de sang, et au Géoradar, un outil technique capable de détecter des cavités suspectes dans les murs ou dans le sol. À l’époque, cette expertise avait permis d’écarter la possibilité que le corps de Delphine Jubillar ait été dissimulé dans une partie quelconque de la propriété familiale.

Ce mardi, d’autres objets, en dehors de la clé USB et des cartes SD téléphoniques, auraient été saisis. Ces objets ne figuraient pas sur l’inventaire réalisé par les enquêteurs six mois plutôt. Là encore, ils doivent être analysés dans les prochaines semaines.

Cédric Jubillar nie toujours toute implication

Une chose est sûre, cette perquisition n’intervient pas à la suite d’un revirement de Cédric Jubillar. Dans la lignée de sa garde à vue, le mari de Delphine conteste toujours toute implication dans la disparition de sa femme. Sur le plan juridique, son avocat, Me Jean-Baptiste Alary, entend faire appel du placement en détention provisoire de son client. Désormais entouré d’une équipe de quatre autres avocats, dont deux pénalistes toulousains, Me Alary compte aussi déposer des requêtes en nullité visant à faire annuler la mise en examen.

Lors de sa conférence de presse, le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzeari, a quant à lui esquissé le scénario, certes incomplet, d’un féminicide commis par un mari qui n’aurait pas supporté d’apprendre la liaison de son épouse avec un autre homme. Le magistrat a confirmé que Delphine Jubillar s’apprêtait à quitter son compagnon pour s’installer sous peu avec son amant, une perspective qu’aurait très mal vécu Cédric Jubillar. Pour la justice, une dispute autour de l’avenir du couple aurait pu éclater la nuit du drame, ce que semble corroborer les témoignages de deux voisins qui disent avoir entendu « des cris stridents de femme » aux alentours de 23 heures.

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