Disparition de Delphine Jubillar: un mois après, une enquête infructueuse et des rebondissements – BFMTV

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L’infirmière de 33 ans a disparu il y a un mois, dans la nuit du 15 au 16 décembre. Malgré les importants moyens mis en place par les gendarmes, la mère de famille reste introuvable. Ses proches ne perdent pas espoir.

Voilà un mois que Delphine Jubillar a disparu de Cagnac-les-Mines, cette commune de 2700 âmes dans le pays albigeois. Un mois qu’une dizaine d’enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse travaillent en continu pour tenter de retrouver cette infirmière mère de famille, aidés par la bonne volonté des habitants du coin.

Peu d’éléments ont filtré de l’enquête, qui nourrit d’infatigables rumeurs à l’encontre de son mari, Cédric Jubillar, avec qui elle était en instance de divorce. Le dossier a connu un nouveau rebondissement, avec la mystérieuse publication d’un message vide mercredi depuis le compte Facebook de la disparue.

Un départ sans papier ni argent

L’infirmière de 33 ans n’a plus donné de signe de vie depuis la nuit du 15 au 16 décembre. Selon les détails qu’il a livré à l’entourage, Cédric Jubillar est allé se coucher tôt ce soir-là, aux alentours de 21h30. Sa femme a veillé avec leur aîné, Louis, jusqu’à 22h30, heure à laquelle l’enfant de six ans est allé dire bonne nuit à son père avant de se mettre au lit. Dans la nuit, le père de famille est réveillé par les pleurs de leur second enfant, âgé de 19 mois. Il réalise que Delphine n’est plus là.

Cette dernière aurait quitté le domicile familial avec ses deux chiens en pleine nuit, mais ces derniers sont revenus seuls au domicile.

“C’est une version, pas des faits établis”, nuance auprès de BFMTV.com Me Philippe Pressecq, qui représente une cousine et trois amis proches de la disparue.

A l’aube, le mari contacte les amies de sa femme sur Messenger. Sans nouvelle, il finit par prévenir la gendarmerie vers 5 heures du matin, qui envoie rapidement une patrouille sur place. Le portable de son épouse continue d’émettre jusqu’à plusieurs heures après sa disparition aux alentours de Cagnac-les-Mines, puis les signaux cessent. Elle aurait quitté son domicile sans ses papiers ni moyen de paiement.

Battue citoyenne et perquisition infructueuses

Tandis qu’une enquête pour “disparition inquiétante” est très vite ouverte, les volontaires s’organisent sur le terrain pour prêter main forte aux gendarmes. L’ancienne cité minière, ainsi que les cours d’eau et les espaces verts avoisinants sont passés au peigne fin. Un millier de personnes participent à une battue citoyenne le 23 décembre, sans résultats. Dans un premier temps, aucune piste n’est écartée, de la disparition volontaire à l’accident.

Mais bien vite, les enquêteurs doivent se rendre à l’évidence: “rien n’indique” que la disparition de cette mère de famille “a pu être volontaire”, selon le procureur de Toulouse Dominique Alzeari.

Ce dernier ouvre alors une information judiciaire pour “arrestation, enlèvement, détention ou séquestration”. Une perquisition est menée la veille de Noël au domicile, passé au Bluestar, ce produit révélant les tâches de sang invisibles à l’œil nu. Mais les enquêteurs font de nouveau chou blanc: “Aucune découverte intéressante” n’est faite, déplore la procureure adjointe de Toulouse, Alix Cabot-Chaumeton.

L’époux discret

Alors que la maison est désormais sous scellés, le mari de Delphine Jubillar et ses enfants sont partis s’installer chez des proches. Ce dernier se fait très discret depuis le début de la procédure. Mais un élément suscite des interrogations: alors que l’infirmière avait demandé le divorce, cette dernière entretenait une relation virtuelle avec un autre homme, dont l’identité n’est pas connue.

Depuis, Cédric Jubillar subit des rumeurs persistantes le présentant comme principal responsable de la disparition de son épouse, le comparant à Jonathann Daval. Pour l’heure, aucune preuve n’a été dévoilée par la justice allant dans ce sens.

“Il n’a pas été mis en cause, il n’a pas été placé en garde à vue, il n’a pas été interrogé par un juge d’instruction dans le cadre d’un interrogatoire de première audition préalable à une mise en examen, il est donc, et quand bien même le fut-il, il serait toujours présumé innocent”, soulignait récemment à BFMTV son avocat, Me Jean-Baptiste Alary.

Un mystérieux message

Afin d’être plus rapidement informé des avancées de l’enquête, il s’est porté partie civile, tout comme une cousine et trois amis proches de l’infirmière. Contacté par BFMTV.com, leur avocat Me Philippe Pressecq indique que ses clients ne s’intéressent pas aux rumeurs. “La seule chose qu’ils veulent savoir, c’est où elle est.”

Un nouvel élément porté à la connaissance des enquêteurs mercredi pourrait toutefois faire rebondir l’affaire. Selon une source proche du dossier à BFMTV.com, une personne non identifiée s’est connectée sur le profil Facebook de la disparue mercredi, a posté un message vide sur un groupe dont elle est membre, puis a supprimé la publication.

L’enquête devra toutefois encore déterminer s’il s’agit, ou non, d’un piratage. Un espoir pour les proches de Delphine Jubillar, qui “veulent y croire, selon Me Philippe Pressecq. Chaque jour apporte son lot d’incertitudes.”

Esther Paolini Journaliste BFMTV

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