Disparition de Delphine Jubillar : ce qui accable et ce qui pourrait innocenter Cédric, auditionné ce matin – Midi Libre

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Cédric Jubillar est à nouveau entendu par les juges d’instruction ce vendredi 15 octobre, soit dix mois après la disparition de sa femme. Soupçonné de l’avoir tué, il est incarcéré depuis le 18 juin. Quels sont les éléments à charge contre lui et quels sont ceux qui pourraient l’innocenter ?

Dix mois que Delphine Jubillar s’est volatilisée. Dans la nuit du 15 au 16 décembre dernier, la jeune infirmière de 33 ans a disparu à Cagnac-les-Mines dans le Tarn. En dépit d’une longue enquête où tous les moyens ont été mis en œuvre, ni corps ni arme du crime n’ont été retrouvés. 

Cédric Jubillar, soupçonné du meurtre de son épouse avec qui il était en instance de séparation, est en prison, à l’isolement, depuis le 18 juin. Ses deux demandes de remises en liberté ont été rejetées. Ce vendredi matin, pour la deuxième fois, il est auditionné par les juges d’instruction. 

À ce stade de l’enquête, voici les éléments qui l’accablent et ceux qui se sont dégonflés depuis son incarcération. 

Ce qui l’accable

Cédric Jubillar a été mis en examen à cause d’indices graves et concordants énumérés par l’ex procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, le 18 juin dernier.

  • Le contexte familial

Le contexte de séparation était très conflictuel et donnait lieu à de nombreuses disputes, durant lesquels il était brutal et grossier. Il avait organisé une véritable surveillance de son épouse, qui elle organisait leur séparation. 

Ce qui est acquis, c’est que désormais Cédric Jubillar convient qu’il savait qu’elle avait un amant. 

  • Le témoignage du fils

Interrogé deux fois en un mois. Louis, l’enfant de Cédric et de Delphine Jubillar, seulement âgé de 6 ans, a lui aussi apporté son témoignage. L’avocat qui représente les enfants du couple Jubillar s’était confié auprès de nos confrères de La Dépêche du Midi.

“Il aurait livré des éléments alors que les gendarmes n’ont pas d’avis préconçu et aucune certitude à cette époque”, affirme le conseil. “Il ne peut pas y avoir de manipulation. À cet instant de l’enquête, toutes les pistes sont étudiées et le témoignage de Louis est une photo, à un instant “T” de ses premières déclarations. Il reste nuancé dans ses propos et il est capable de prudence. Ses auditions ont été filmées. Entre ses parents, il décrit des chamailleries.”

D’ailleurs, ce soir-là, “il a entendu des gros mots et décrit une scène que l’on peut assimiler à une dispute. Il dit que “peut-être ils faisaient ça” (NDLR Louis décrit des bras allongés à l’horizontal), avec ces mots à lui, “alors puisque c’est ça, on va se séparer”. Il dit que c’est peut-être papa ou maman qui a dit cela. Mais il n’a rien vu”, explique son avocat.

  • La voiture

Le véhicule a été déplacé, puisqu’il n’est pas placé comme Delphine le garait chaque soir, y compris le soir de la disparition, comme l’ont confirmé les voisins. 

Ensuite, les spécialistes ont expliqué que la condensation présente dans le véhicule peut être expliquée par une présence humaine. Mais aucune trace de sang n’a été trouvée sur les lieux. 

  • Les menaces de Cédric Jubillar 

Un mois avant la disparition de son épouse, Cédric Jubillar aurait dit à un ami par téléphone : “Elle m’énerve. Je vais la tuer, je vais l’enterrer et personne ne la retrouvera. 

Sa mère, à qui les enquêteurs auraient soumis cette écoute téléphonique, aurait reconnu la voix de son fils, selon Le Parisien

  • Les cris entendus par une voisine

Deux voisines, une mère et sa fille, à 23h07 précisément, vont entendre des cris stridents et de détresse d’une femme qui vont les interpeller et qui vont progressivement disparaître et s’arrêter. Des éléments auxquels M. Jubillar ne répond pas de manière convaincante. 

  • Le comportement de Cédric Jubillar après la disparition 

Sa consommation de cannabis ne joue pas en sa faveur. Sa personnalité caractérisée par une forme de dénis, un deuil très rapide, le fait de se concentrer sur sa personne et reprendre une vie affective très rapidement, encore moins. 

Ce qui pourrait l’innocenter

  • Pas de corps et pas d’arme du crime malgré les recherches et les fouilles souterraines

Depuis dix mois, ni le corps, ni l’arme du crime n’ont été retrouvés. L’enquête sur la disparition de l’infirmière a déjà mobilisé quantité de militaires plus ou moins spécialisés, notamment des plongeurs des brigades nautiques des Pyrénées-Orientales et de l’Aude, et les équipes cynophiles du Gard et du Gers. 

En début de semaine dernière, les recherches ont pris un nouveau tournant avec la présence d’une unité spécialisée en spéléologie de la gendarmerie sur le secteur de Cagnac-les-Mines, dont l”ancien lavoir à charbon de Blaye-les-Mines comme l’a révélé La Dépêche du Midi

Les recherches dans cet endroit difficile d’accès, constitué d’une ossature en béton avec des poutres métalliques qui émerge d’une forêt entre cavités, trous béants, amoncellement de pierres et détritus. n’ont rien donné. De nouvelles pourraient avoir lieu dans les prochains jours. 

  • Pas de sang dans la machine à laver

Les dernières expertises réalisées sur l’eau de la machine à laver du couple Jubillar, contenant la couette dans laquelle était censée dormir la jeune mère de famille de 33 ans, n’ont en effet révélé aucune trace de sang ni d’urine. Cette eau avait été prélevée le 17 décembre 2020. Par ailleurs, le siphon du lavabo de la salle de bains ne comporte lui aussi aucune trace suspecte. 

Reste à attendre les analyses de la couette en question.

  • Des pistes non explorées ?

Le 25 décembre, soit 9 jours après la disparition de Delphine Jubillar, un homme envoie à son ex plusieurs SMS où il dit : “J’ai bien tué Delphine, car elle était en couple et qu’elle n’a pas voulu quitter son mari et ses enfants pour moi. On s’est vus, on s’est disputés, je suis sorti de mes gonds, je ne me suis pas reconnu. Je l’ai frappé, frappé, frappé. Elle est morte et je l’ai enterré dans le travers.” 

Quelques heures plus tard il écrit un nouveau texto à cette même ex : “J’ai tué une femme, je m’en veux, c’est dur à porter, elle travaillait à CCB (NDLR clinique ClaudeBernard à Albi où Delphine Jubillar était infirmière de nuit) de nuit. Elle n’a pas voulu quitter son mari pour moi. Je l’ai tué.” 

5 minutes plus tard, il renvoie un dernier message : “Je ne suis pas fier. Je vais mettre des fleurs sur son corps”

“C’est son ex-compagne qui avait prévenu les gendarmes. Ils ne l’ont auditionné qu’un mois et demi plus tard, deux fois. Il a assuré avoir été avec sa nouvelle compagne le soir de la disparition de Delphine et qu’il ne la connaissait pas. Et l’histoire s’est arrêtée-là. Que je sache son alibi n’a pas été vérifié, ni le bornage de son téléphone. Et aucune perquisition n’a eu lieu à son domicile. C’est une piste à creuser. Quand on est tombé là-dessus dans le dossier, j’ai cru que je tombais de ma chaise”, nous expliquait maître Alary, l’avocat de Cédric Jubillar, dans une interview le 30 août dernier.

Le soir de la disparition, une voiture aurait également été aperçue passant à grande vitesse devant la pharmacie. Mais elle n’aurait pas été identifiée. Une voiture au plafond éclairé a également été vue cette nuit-là. Elle n’aurait pas été identifiée non plus. 

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