Direct. Procès Daval : Jonathann fait un malaise pendant son interrogatoire, l’audience est suspendue – Est Républicain

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20 h 05.- “Des excuses pitoyables” pour la famille d’Alexia 

Invités à réagir à leur sortie du palais de justice de Vesoul, les parents d’Alexia Daval ont affiché leur déception après le court passage de Jonathann Daval à la barre. “Ce n’était pas une audition, c’était quelques bribes de phrases mises les unes au bout des autres mais qui ne veulent rien dire.”

Procès Daval : “des excuses pitoyables” pour la famille d’Alexia

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19 h 55.- L’ambulance est arrivée, “une grosse baisse de tension” évoquée par son avocate

L’ambulance vient d’arriver derrière le palais de justice. “Ça ne va pas, il a une grosse baisse de tension” glisse son avocate Me Spatafora.

Les CRS ont été déployés pour sécuriser son départ et maintenir les médias à l’écart. “Je l’ai vu devenir tout blanc. J’espère que ça va aller” confie Martine Henry, la mère de Jonathann.

19 h 45.- Fin des débats, Jonathann Daval pris en charge dans un véhicule médical

L’audience se termine pour ce mercredi soir sur cet énième coup de théâtre. “Jonathann Daval ne se remet pas. Il a été pris en charge dans un véhicule médical”, indique le président de la cour, Matthieu Husson, qui ne sait pas si l’accusé sera sur pied ce jeudi matin à 9 heures, pour la reprise des débats. “La priorité est de lui donner les premiers soins”, conclut le magistrat.

19 h 33.- Jonathann perd connaissance, l’audience est suspendue

Jonathann Daval vient de faire un malaise, alors que le président de la cour multipliait les questions sur les rapports intimes.

D’un teint soudain livide, il s’est assis de lui-même. Un agent lui a aussitôt tendu une bouteille d’eau, puis il a perdu connaissance.

Deux policiers l’ont pris sous les épaules, puis sorti du box par une porte dérobée.

19 h 24.- Jonathann pressé de questions par le président

L’interrogatoire est haché, marqué de silences. Mains croisées dans le dos, Jonathann formule des réponses très courtes. Le président poursuit ses questions. Jonathann explique que le couple avait de gros problèmes de communication. “On gardait tout pour nous, on ne disait rien aux autres”, confie l’accusé.

Le désir d’enfant était-il partagé ? “J’en avais envie, je le voulais, mais étant donné le problème d’érection, c’était compliqué”.

Le président Husson s’étonne. “Si Alexia veut un enfant de vous, c’est qu’elle vous aime encore, qu’il y a un minimum de discussion, que vous n’étiez pas aussi distants que ça. Il y a des contradictions dans les explications que vous donnez, de très grosses contradictions”.

Le désir d’enfant était-il partagé ?

J’en avais envie, je le voulais, mais étant donné le problème d’érection, c’était compliqué

Jonathann Daval, répondant au président du procès

Vient l’épisode de la fausse couche : “Ça m’a beaucoup impacté”, assure Jonathann, à l’inverse de son épouse, ajoute-t-il. L’échange sur ce point sensible est laborieux. Matthieu Husson s’agace : “Pourquoi dites-vous qu’Alexia n’a pas été affectée, personne ne pourra vous croire…” Jonathann peine à s’exprimer. “C’était encore un conflit supplémentaire, on n’en parlait pas. Ces choses-là, c’était…” Il ne finit pas sa phrase. Attends la suite. Sur la défensive.

“Vous semblez en permanence adapter votre discours à votre interlocuteur”, constate le président, un brin dépité.

Jonathann Daval. Photo ER

19 h 08.- Un couple qui battait de l’aile

“Notre situation de couple était très compliquée”, détaille-t-il quand le président lui demande s’il a des déclarations à faire.

Notre situation de couple était très compliquée

Jonathann Daval

“Elle avait des soucis, j’avais des soucis, ce qui provoquait beaucoup de conflits entre nous deux : le désir d’avoir un enfant, des demandes de rapports sexuels assez fréquents, que je ne pouvais pas forcément lui apporter avec le problème d’érection, des reproches comme quoi j’étais distant, pas assez présent pour elle, que je fuyais cette situation, que je n’étais pas un homme, que je ne prenais aucune décision…”  “Est-ce qu’elle avait raison ?”, interroge le président. “Je m’éloignais, je la fuyais, oui.”

Affaire Alexia Daval : Jonathann Daval, de mari éploré à unique suspect

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19 h 06.- L’épisode des côtes cassées, “pas pendant une crise”

Le président l’interroge sur les prétendues crises d’Alexia. ” Ce soir-là, il n’y a pas eu de crise”, répond-il.

Matthieu Husson lui demande de décrire sur ces crises. ” Oui, ça lui arrivait d’avoir des crises, pas tout le temps. Un gout métallique dans la bouche, des black-outs, des propos incohérents, des fois des gestes de violence. Elle me repoussait, me tapait. C’était des tapes.”

Et ces côtes cassées dont il a très tardivement révélées l’existence ? “Ce n’était pas pendant une crise, c’était pendant une dispute”, assure-t-il.

19 h 02.- Jonathann revient sur la soirée raclette

“Après soirée raclette, je me suis mis dans le canapé, je me suis servi un digestif, Alexia est partie se changer. Elle met un ovule. Elle est dans la chambre. Je ne la vois pas. Elle revient, me demande un rapport que je refuse.

Ensuite, il y a des réflexions : ça part sur moi, sur mon comportement, comme quoi je n’étais jamais là, distant. Comme à chaque fois, je veux fuir, partir de la maison, fuir le conflit. Là, une dispute a commencé, qui s’est terminée dans les escaliers, où je l’ai frappée”. La voix de Jonathann est blanche. Il marque une brève pause.

“Étranglée”, lâche-t-il avant de marquer une nouvelle pause, comme bloqué. Dix secondes s’écoulent dans un silence absolu. “Puis tuée. Avant de mettre le corps dans le véhicule, de l’emmener dans un bois le matin, de mettre le feu au corps, de me faire un alibi”.

Dans un souffle, on entend enfin “de mentir à tout le monde”.

18 h 55.- Jonathann se lève et présente ses excuses

A la demande du président, Jonathann se lève, retire son masque et s’approche du micro. Sous le regard fébrile de toute l’assistance. Le président de la cour, Matthieu Husson, lui retrace le déroulé du procès jusqu’alors et l’invite à « s’exprimer ».

Je voudrais d’abord faire des excuses, mais ce n’est pas excusable ce que j’ai fait

Jonathann Daval

“Que souhaitez-vous dire à la cour ?”

“Je voudrais d’abord faire des excuses, mais ce n’est pas excusable ce que j’ai fait. Pour les proches d’Alexia. Je leur ai enlevé leur fille dans un premier temps. Après, je leur ai menti. L’histoire du complot a détruit votre vie. Mais aussi détruit la vie de ma famille, à qui j’ai menti aussi. Les gendarmes aussi, à qui j’ai menti, qui ont du faire des recherches supplémentaires. Aux médias, à la France, pareil. Donc oui, ce n’est pas pardonnable ce que j’ai fait, mais je voulais quand même le dire.”

Jonathann a formulé ses excuses avec une voix faible et hachée. L’accusé est de toute évidence ému, mais parvient à se maîtriser pour répondre aux premières questions.

Jonathann Daval. Photo AFP Benoit Peyrucq

18 h 15.- Fin de la déposition de Grégory Gay, la séance est suspendue avant le premier interrogatoire de Jonathann Daval

La déposition du beau-frère de Jonathann Daval, Grégory Gay se termine à l’instant. Le président suspend l’audience. Le temps pour chacun de prendre sa respiration, avant de se plonger dans le premier interrogatoire de l’accusé.

18 h.- Les témoignages des proches d’Alexia, apogée de cette journée

La séquence était attendue tant la famille a martelé, depuis le début du procès, leur intention de demander très directement à Jonathann “pourquoi” il a tué leur fille. Mais le président a douché les attentes du face-à-face en déclarant qu’il n’était “pas question à ce stade” qu’ils interpellent leur ancien gendre.

Ouvrant les dépositions de la famille, son père a demandé d’emblée “la peine maximale” à l’encontre de Jonathann, qu’il a longtemps considéré comme un fils. “Notre futur, il est simple, nous avons pris perpétuité. Est-ce que ce sera le cas de Jonathann, c’est vous qui en déciderez”, a-t-il lancé à l’adresse des jurés lors d’une déposition forte à la barre, alors que l’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Après la pause de midi, Isabelle Fouillot s’est avancée, avec quelques feuillets à la main, pour “défendre la mémoire de sa fille”. Elle a alors lu une lettre d’amour d’Alexia à Jonathann. Une lettre qui a fait fondre en larme l’accusé. “J’aimerais que, pour une fois, tu sois un homme dans ta vie et que tu prennes tes responsabilités”, a-t-elle martelé.

17 h 30.- L’épilogue d’un feuilleton aux multiples rebondissements ?

L’affaire a ému la France entière. Le 30 octobre 2017, le corps sans vie d’Alexia Daval est retrouvé en partie calciné, en lisière d’une forêt à proximité de Gray, en Haute-Saône. Trois jours auparavant, son mari avait déclaré sa disparition : elle ne serait, selon lui, jamais rentrée de son jogging matinal.

De mensonges en rebondissements, son époux, Jonathann doit désormais répondre de “meurtre sur conjoint”. Celui-là même qui était apparu dévasté, en larmes, devant toutes les caméras de télévision le jour de la marche blanche ou des obsèques de son épouse.

Incarcéré à la maison d’arrêt de Dijon depuis 34 mois, il comparait du 16 au 20 novembre devant la cour d’assises de Vesoul. Jonathann Daval sera à nouveau confronté aux parents d’Alexia, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot mais aussi à son beau-frère, Grégory Gay, qu’il a un temps accusé.

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