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Deuxième jour de tension en Catalogne après la condamnation des chefs de file indépendantistes – Le Monde

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A Barcelone, la police a chargé quelques centaines de manifestants, le visage masqué, qui lançaient des projectiles vers les forces de l’ordre.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 00h51, mis à jour à 08h10

Temps de Lecture 2 min.

Un manifestant lève le poing face à la police lors d’affrontements à Barcelone, Espagne, le 15 octobre.

La mobilisation ne se dégonfle pas dans le nord-est de l’Espagne. De nouveaux heurts ont eu lieu, mardi 15 octobre, à Barcelone entre indépendantistes catalans et forces de l’ordre, lors de manifestations contre la condamnation, lundi, de dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Dans la soirée, les associations indépendantistes ont convoqué de nombreux rassemblements devant des représentations gouvernementales dans les principales villes de la région. Quarante mille personnes ont ainsi manifesté à Barcelone et 9 000 à Gérone.

Dans la métropole catalane, la police a chargé quelques centaines de manifestants, le visage masqué, qui lançaient des projectiles et avaient fait des feux devant les forces de l’ordre. Des charges ont aussi eu lieu à Tarragone ou à Gérone, selon la télévision locale et la police régionale. La police catalane a annoncé avoir arrêté quatre personnes, dont trois à Barcelone. Selon les services d’urgence, 74 personnes ont dû être prises en charge médicalement mardi dans l’ensemble de la Catalogne.

Plus tôt dans la journée, des militants indépendantistes ont coupé des routes, dont l’autoroute reliant Barcelone à la France, dans la région de Gérone, et des voies ferrées à travers la région, selon le ministère des transports espagnol.

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Un policier antiémeute fait face aux manifestatnts séparatistes à Barcelone, Espagne, le 15 octobre.

La mobilisation « va continuer »

Cette deuxième journée de tensions avait lieu après le blocage, lundi, de l’aéroport de Barcelone, à l’appel d’une nouvelle plate-forme de mobilisation baptisée « Tsunami démocratique », née sur les réseaux sociaux Twitter et Telegram de manière anonyme. Quelque 10 000 manifestants avaient bloqué jusque tard dans la nuit les accès de l’aéroport, où plus de cent vols ont été annulés, selon son gestionnaire, AENA.

Des manifestants avaient affronté la police qui avait tiré des balles en mousse et en caoutchouc. Selon les services de secours, 115 personnes ont dû être prises en charge médicalement à l’aéroport lundi. Un manifestant a perdu l’usage d’un œil, une blessure « compatible » avec un projectile de la police, selon l’hôpital où il a été opéré mardi.

La mobilisation « va continuer », a déclaré à Barcelone un employé de banque de 60 ans, Javier Marinez, évoquant l’Espagne et la Catalogne comme « des époux déjà séparés à qui il ne reste plus qu’à négocier les conditions du divorce ».

Des marches prévues mercredi

« Ce que les manifestants disent dans les rues (…), c’est qu’en mettant les gens en prison, on ne va rien résoudre » et qu’il faut « s’asseoir, parler et trouver une solution démocratique », a assuré le président indépendantiste du Parlement catalan, Roger Torrent. Il a répété que l’objectif des indépendantistes restait de forcer Madrid à négocier un référendum d’autodétermination, dont le gouvernement espagnol ne veut pas entendre parler : « Pour nous, c’est la seule formule de résolution du conflit. »

A Madrid, le gouvernement a dénoncé la « violence généralisée » dans les manifestations de mardi. « Une minorité veut imposer la violence dans les rues des villes catalanes, particulièrement à Barcelone, Tarragone, Gérone et Lérida », a écrit le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez. « Il est évident que nous ne sommes pas face à un mouvement citoyen pacifique mais [face à un mouvement] coordonné par des groupes qui utilisent la violence dans la rue pour rompre la coexistence en Catalogne », a-t-il ajouté.

Des manifestations partiront mercredi de cinq villes catalanes pour converger à Barcelone vendredi, jour de « grève générale » et de manifestation de masse.

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