“Des logiciels libres pas libres”: un catalogue de la DINUM taxé d’open source washing

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Capture d’écran: le déroulant du catalogue propose trois choix de distribution

La Direction interministérielle du numérique (DINUM) vient de publier un catalogue, intitulé «GouvTech : des solutions numériques pour les services publics», a révélé le site Acteurs publics: «Il regroupe à ce jour 204 logiciels dans tous les domaines: authentification, messagerie, édition de documents, archivage électronique, sécurité informatique. Qu’ils soient déployés en mode SaaS, c’est-à-dire en ligne et à la demande, ou bien uniquement sur le site (physique) de l’acteur public. Ils peuvent être édités par des entreprises, administrations, collectivités locales ou associations, sous licence propriétaire (et donc restrictive) ou libre.»

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Basé sur les seules déclarations des éditeurs

Comme le relève Acteurs publics, «l’évaluation de ces solutions ne repose toutefois que sur les déclarations des éditeurs». La DINUM avait lancé début février un appel à start-up souhaitant être référencées.

Or, pour les logiciels libres («open source» dans la présentation du catalogue, qui ne reprend donc pas le terme de «logiciels libres et ouverts» employé par le Premier ministre dans sa circulaire du 27 avril, il y a des “faux positifs” si on peut dire.

L’équivoque trompeuse de ce catalogue qui présente comme «open source» des logiciels qui ne le sont pas a suscité les critiques de l’April: Frédéric Couchet, le délégué général de l’association libriste, la commente dans une série de tweets.

Il souligne que «ce catalogue recense des solutions. Si on coche ‘Solution opensource’ dans ‘Distribution’ on obtient 17 solutions proposées: https://catalogue.numerique.gouv.fr/catalogue?distribution=Solution%20opensource
Remocra n’est pas libre (CC-BY-NC-SA), Calenco non plus a priori, il y a en a d’autres sûrement. On notera d’ailleurs que sur les fiches il n’y a aucune information concernant la licence des solutions indiquées comme libres.»

Conclusion acide de Frédéric Couchet: «S’aventurer dans la publication d’un tel catalogue au moment même où Jean Castex signe une circulaire annonçant une mission logiciel libre ça la fout mal je trouve. Mais peut-être que le directeur de la DINUM n’a pas été destinataire de la circulaire ou qu’il ne l’a pas lue.»

“Pas très sérieux”

“Ce n’est pas très sérieux de la part de l’État de participer ainsi à l’open source washing”, déplore de son côté «un acteur du numérique de l’État» non nommé, cité par Acteurs publics.

Au passage, remarque d’un twittos sur ce catalogue: «91,7% de solutions propriétaires dans ce catalogue… beau score ! Petit rappel de l’article 16 de la Loi Axelle Lemaire? “Elles encouragent l’utilisation des logiciels libres… lors … de l’achat ou de l’utilisation… de ces systèmes d’information”»

Suggestion d’Etienne Gonnu, chargé des affaires publiques à l’April, utiliser plutôt le SILL (établi depuis fin 2015): «Les administrations peuvent utiliser ce catalogue auto-référencé aux infos aléatoires et donc moins utile qu’un moteur de recherche. Ou le Socle Interministériel des logiciels libres, produit par des agents de la DINUM, avec des solutions éprouvées et des infos fiables.»

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