C’est une information dévoilée par la cellule d’investigation de Radio France avec le média d’enquête Disclose : des canons Caesar, produits par l’entreprise Nexter à Roanne, sont utilisés dans le conflit au Yémen. L’entreprise est détenue à 50% par l’Etat.

Selon des documents classés « secret défense », les canons ont été chargés en septembre 2018 en direction du Havre. Le 24 septembre, ils quittent la France et arrivent 19 jours plus tard dans le port de Djeddah, en Arabie saoudite.

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Les documents dévoilent également que plusieurs armements « made in France » dont des chars Leclerc, des obus ou des blindés, vendus à l’Arabie Saoudite ou aux Emirats arabes unis font feu sur le Yémen, y compris sur des zones civiles.

Une information qui ne surprend pas du tout Jean-Pierre Brat, ancien délégué central l’UES Giat industries/Nexter à Roanne et retraité depuis septembre. « Cela fait des années qu’on le dénonce. Tout le monde connait les contrats qui ont été passés. Les canons Caesar sont à la frontière yéménite et sont utilisés depuis plusieurs années. »

Pour l’ancien délégué syndical, les questions sont politiques. « On considère qu’en livrant des armes à ces pays, on viole un certain nombre de traités internationaux. La direction a toujours refusé une politique de diversification et poursuit dans le tout-armement. » Une stratégie qui fait les affaires de l’entreprise dans la Loire.

Le conflit au Yémen dure depuis quatre ans et a déjà fait de nombreuses victimes.

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