Delphine Ernotte reconduite à la tête de France Télévisions, une décision inédite – Le Monde

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La présidente du groupe France Télévisions, Delphine Ernotte, à Paris, en septembre 2019.

Et de deux pour Delphine Ernotte. Préférée à sept autres postulants, la présidente de France Télévisions depuis 2015 a été reconduite dans ses fonctions par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), mercredi 22 juillet : une décision sans précédent puisque c’est la première fois qu’un dirigeant du groupe public est ainsi renouvelé.

« En désignant Madame Ernotte Cunci, le Conseil a fait le choix de la poursuite des transformations engagées pour assurer, dans le dialogue, la concertation et le respect des équilibres budgétaires, l’adaptation de France Télévisions à un environnement en mutation rapide », a développé l’instance dans sa décision motivée, publiée simultanément à la révélation de son choix. « Cela a constitué un élément de décision important, insiste auprès du Monde Roch-Olivier Maistre, président du CSA, car ces nominations peuvent représenter des moments de rupture pour les entreprises », alors qu’a contrario, la continuité est largement de mise à TF1 et à M6.

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Quand elle s’est présentée devant le CSA, mardi après-midi, Delphine Ernotte a commencé par prendre son auditoire par les sentiments. Au lieu de vanter des budgets à l’équilibre depuis son entrée en fonction, ou le lancement réussi du feuilleton quotidien Un si grand soleil, la présidente sortante a joué la carte du sensible, et parié sur la passion, la flamme, la joie. « Je veux un service public qui émerveille, qui étincelle », a-t-elle défendu, le sourire plein d’aplomb.

Parité et représentation de la diversité

La suite de son grand oral n’a toutefois pas été un chemin de roses, et la dirigeante a affronté son lot de questions qui piquent. Notamment lorsque la conseillère Carole Bienaimé-Besse l’a confrontée à ses promesses de 2015 en matière de parité ou de représentation de la diversité, à demi tenues. Delphine Ernotte n’a eu d’autre choix que de lui donner raison, et d’insister sur sa détermination à persévérer. « Je n’ai pas de doute sur sa volonté d’atteindre la parité », confirme Roch-Olivier Maistre, pour qui le sujet n’est pas secondaire.

Le collège du CSA – l’organe qui dirige le Conseil − avait-il en tête cette préoccupation lorsqu’il a préféré l’ancienne directrice générale d’Orange à Christopher Baldelli, « un homme et un homme de médias », ainsi que s’était présenté l’ancien patron de RTL ? Il y a moins d’un mois, la présidence d’Arte est passée des mains de Véronique Cayla à celles de Bruno Patino… « On a vraiment, dans notre délibéré, fondé notre choix sur le projet qui nous a paru le meilleur pour France Télévisions, et le fait qu’il soit porté par une femme me va très bien », tranche habilement l’ancien président de la Cour des comptes.

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