Déconfinement : le plan du gouvernement rejeté par le Sénat – Le Monde

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Edouard Philippe à l’Assemblée nationale, au lendemain du vote par les députés du plan de sortie du confinement, à Paris, le 29 avril.

Edouard Philippe à l’Assemblée nationale, au lendemain du vote par les députés du plan de sortie du confinement, à Paris, le 29 avril. LUDOVIC MARIN / AFP

A défaut d’avoir le soutien de l’opinion, l’exécutif pouvait au moins se targuer d’avoir celui des parlementaires. Le 28 avril, le plan de déconfinement présenté par Edouard Philippe avait été validé à l’Assemblée nationale par 368 voix (contre 100 et 103 abstentions), grâce aux votes des groupes La République en marche (LRM) et MoDem, qui détiennent la majorité absolue. Au Sénat, où Les Républicains (LR) dominent, l’exercice s’est révélé bien plus périlleux. Malgré l’appel du premier ministre à lui accorder leur « confiance », les élus du Palais du Luxembourg ont infligé un camouflet au gouvernement, lundi 4 mai, en rejetant son plan de déconfinement par 89 voix contre (81 pour, et 174 abstentions).

Dans son discours, Edouard Philippe n’a rien caché, il est vrai, de ses difficultés. « Le moment est critique », a-t-il répété à quatre reprises devant les sénateurs, assurant que « nous sommes à la croisée des chemins ». Mis sous pression à l’approche de la date du déconfinement, fixée au 11 mai par Emmanuel Macron, le premier ministre a bien tenté de justifier les décisions du gouvernement, alors que les critiques se multiplient sur les difficultés à tenir cette date et sur l’état d’impréparation des pouvoirs publics. Mais sans réussir à convaincre les sénateurs.

Car pour le gouvernement, la chose est entendue : l’enfermement à domicile des Français a déjà trop duré, et le prolonger au-delà du 11 mai aurait des effets désastreux. « Le confinement se justifiait par l’urgence mais son coût social, son coût humain, son coût économique est colossal », a averti Edouard Philippe, en soulignant le risque de « mettre en grand danger notre vie future ». « Le Covid-19 est toxique mais certains huis clos le sont aussi », a-t-il ajouté, estimant que « la vie économique doit reprendre impérativement et rapidement, avec des aménagements, avec de la bonne volonté ».

« Bombe à retardement »

Même urgence du côté de l’école. Après sept semaines de confinement, pas question de laisser des millions d’élèves plus longtemps en dehors du système éducatif. « La fermeture des écoles est à l’évidence une catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et adolescents », a mis en garde le chef du gouvernement, alors que de nombreux élus et professeurs plaident pour une réouverture reportée en septembre. « Cinq mois de décrochage scolaire, pour des dizaines de milliers de jeunes, c’est probablement une bombe à retardement », a insisté M. Philippe.

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