Déconfinement: Il n’y a plus de département à plus de 400 de taux d’incidence mais… – Le HuffPost

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legna69 via Getty Images
Malgré le confinement, les Parisiens ont déjà profité des beaux jours, comme ici le 28 mars. Désormais, il n’y aura plus besoin d’attestation pour sortir de la capitale.

CORONAVIRUS – Ce sont des chiffres encourageants, mais à prendre avec précaution. Selon les derniers chiffres de Santé Publique France, il n’y a plus aucun département où le taux d’incidence dépasse 400 pour 100.000 habitants. Les niveaux les plus élevés se trouvent dans le Val-de-Marne (391), en Seine-Saint-Denis (390), dans le Val-d’Oise (358) ou encore dans l’Essonne (343).

Si aucun département ne franchit le seuil de 400 d’ici au 19 mai, le calendrier du déconfinement devrait vraisemblablement s’appliquer à toutes les régions et départements de métropole. Dans son interview à la presse quotidienne régionale le 29 avril, Emmanuel Macron a en effet précisé que des “freins d’urgence” pour bloquer les réouvertures pourraient être activés dans certaines métropoles et départements “en fonction de trois critères: le taux d’incidence qui dépasserait à nouveau 400 infections pour 100.000 habitants, une augmentation très brutale de ce taux et une menace de saturation des services de réanimation”.

Situation tendue dans les hôpitaux

Ces bonnes nouvelles ne doivent pas créer de mirage pour autant. La partie est loin d’être gagnée et le déconfinement toujours très risqué. Le baisse est toujours moindre que lors des deux précédents confinements et le niveau de circulation du virus toujours très, très élevé. Une réouverture avec une incidence élevée augmente mécaniquement les risques d’une reprise épidémique importante et d’une saturation des systèmes hospitaliers, où la décrue s’amorce tout juste. Il s’agit aussi en plus d’une moyenne sur 7 jours qui englobe le 1er mai – jour férié – et son faible taux de dépistage.

Par ailleurs, la situation reste toujours très tendue dans les hôpitaux, avec plus de 5.500 malades du Covid-19 dans les services de réanimation mardi. Un niveau s’éloignant toutefois de la barre des 6.000 dépassée le 26 avril.

Rappelons aussi que le seuil d’alerte maximale était, avant l’interview d’Emmanuel Macron, fixé à 250 par le gouvernement. Un chiffre encore largement dépassé par plusieurs départements.

  • Taux d’incidence: c’est le nombre de cas détectés pour 100.000 habitants. Il est très utile, car il donne un état des lieux de l’épidémie en quasi-temps réel (quelques jours de décalage pour l’apparition des symptômes, voire avant leur apparition pour les cas contacts). Mais il est dépendant des capacités de dépistage.
  • Taux de positivité: c’est le nombre de tests positifs par rapport aux tests totaux effectués. Il permet de “contrôler” le taux d’incidence. S’il y a beaucoup de cas dans un territoire (taux d’incidence), mais que cela est uniquement dû à un dépistage très développé, le taux de positivité sera faible. À l’inverse, s’il augmente, cela veut dire qu’une part plus importante des gens testés sont positifs, mais surtout que les personnes contaminées qui ne sont pas testées, qui passent entre les mailles du filet, sont potentiellement plus nombreuses.
  • Taux d’occupation des lits de réanimation par des patients Covid-19: C’est un chiffre scruté, car il permet de savoir si les hôpitaux sont capables de gérer l’afflux de patients. Il est très utile, car il y a peu de risque de biais: il ne dépend pas du dépistage et les occupations de lits sont bien remontées aux autorités. Son désavantage: il y a un délai important entre la contamination et le passage en réanimation, d’environ deux à trois semaines. 
  • Entrées en réanimation et nouvelles hospitalisations: moyenne lissée sur 7 jours des personnes entrant à l’hôpital
  • Décès à l’hôpital: Comme les réanimations, c’est un indicateur plutôt fiable, mais avec un délai important.
  • R effectif: cet indicateur représente le “taux de reproduction du virus” réel, c’est-à-dire le nombre de personnes infectées par un cas contagieux. Il est calculé par des épidémiologistes et a lui aussi un délai important.

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