Déconfinement acte 2 : un nouveau test pour l’exécutif – Ouest-France

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Réouverture des lycées, cafés, restaurants, parcs et jardins, levée ou allègement des restrictions de déplacements au-delà des 100 km à partir du 2 juin : ce jeudi, l’exécutif s’apprête à « desserrer un peu plus l’étau » qui enserre la France depuis plus de deux mois. Un pas décisif.

Edouard Philippe et Emmanuel Macron le 8 mais 2020, lors des cérémonies commémoratives du 8 mais 1945.
Edouard Philippe et Emmanuel Macron le 8 mais 2020, lors des cérémonies commémoratives du 8 mais 1945. | CHARLES PLATIAU / AFP

  • Edouard Philippe et Emmanuel Macron le 8 mais 2020, lors des cérémonies commémoratives du 8 mais 1945.
    Edouard Philippe et Emmanuel Macron le 8 mais 2020, lors des cérémonies commémoratives du 8 mais 1945. | CHARLES PLATIAU / AFP
Nouveau « Jour J » : en présentant ce jeudi 28 mai de nouvelles mesures de redémarrage du pays, Emmanuel Macron et son gouvernement espèrent démontrer la réussite du déconfinement et dépasser les critiques sur les masques et les tests du début de la crise du coronavirus.

L’exécutif s’apprête donc à desserrer un peu plus l’étau, selon un membre du gouvernement, en affichant une France plus « verte », avec la possible réouverture à partir du 2 juin des lycées, des cafés et des restaurants, des parcs et jardins ainsi que la levée ou l’allègement des restrictions de déplacements au-delà des 100 km.

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Une fin de semaine capitale

Comme les fois précédentes, c’est le Premier ministre Édouard Philippe, entouré de plusieurs ministres, qui détaillera lors d’une conférence de presse, ce jeudi à 16 h, les mesures décidées. Elles seront calées dans la matinée, au cours d’un Conseil de défense dédié à la crise sanitaire autour d’Emmanuel Macron qui procédera aux derniers arbitrages.

Cette fin de semaine sera capitale pour juger de la pertinence de la décision-clé du chef de l’État, celle de lever le confinement le 11 mai, une date volontariste, plus précoce que ce que recommandaient certains scientifiques et une partie de l’opposition.

Étant donné la durée d’incubation du Covid-19 et le délai d’aggravation, le nombre de cas en réanimation signalera si l’épidémie connaît ou non un rebond depuis le 11 mai.

Pour l’instant, les chiffres restent rassurants, avec une baisse continue du nombre de cas graves : 1 555 mardi soir, contre 2 543 le 12 mai, après un pic à plus de 7 148 le 6 avril.

Les signaux sanitaires sont encourageants, résume un responsable gouvernemental. La stratégie d’un déconfinement progressif et prudent semble comprise et adoptée par les Français, dont le niveau d’inquiétude baisse peu à peu même s’il reste historiquement élevé.

L’annonce d’une poursuite du déconfinement allégera non seulement la pression sur le pays mais aussi sur l’exécutif, qui peut se concentrer sur les plans de relance contre une deuxième vague non plus sanitaire mais économique.

Face aux prévisions toujours plus inquiétantes pour l’activité économique et l’emploi, Emmanuel Macron et Édouard Philippe privilégient les annonces d’urgences : « Ségur de la Santé » pour l’hôpital, plan tourisme, plan automobile mardi et bientôt un plan aéronautique.

Le chef de l’État a aussi annoncé un accord franco-allemand pour un plan européen de 500 milliards de subventions, mais qui se heurte aux réticences des pays frugaux du nord de l’Europe.

Cote en berne

Un déconfinement réussi suffira-t-il à faire remonter la cote d’Emmanuel Macron ? Selon un sondage publié mardi, 65 % des Français le considèrent comme un mauvais président et il n’est de nouveau plus soutenu que par son seul socle électoral LREM, ce qui montre que la relative union nationale de ces deux derniers mois est bien terminée, relève Gaël Sliman, président de l’institut Odoxa.

Emmanuel Macron retrouve le problème d’image qu’il avait avant et que la crise n’a pas changé fondamentalement, remarque Bruno Cautrès, du Cevipof, qui pointe l’impact négatif de ses discours grandiloquents.

À cela s’ajoutent les messages contradictoires, selon un député LREM, envoyés par la médiatisation de ses discussions avec des personnalités anti-système comme l’humoriste Jean-Marie Bigard, le souverainiste Philippe de Villiers ou le médecin controversé Didier Raoult.

A contrario, Édouard Philippe, dont la cote est en nette hausse, est créditée de 46 % de jugements positifs par Odoxa et sort renforcé de la crise durant laquelle il a su incarner l’action, la sobriété et le sérieux, estime Bruno Cautrès.

Ce déséquilibre entre les deux têtes de l’exécutif rend l’équation du remplacement du Premier ministre encore plus complexe, sauf si Édouard Philippe décidait de lui-même de quitter Matignon, ajoute cet expert, qui voit plutôt ce dernier rester à son poste.

Notamment parce qu’Emmanuel Macron a besoin d’un chef du gouvernement aguerri, capable de faire face aux terribles difficultés économiques et budgétaires qui s’annoncent.

Un remaniement gouvernemental apparaît cependant inéluctable, de l’avis même d’un ministre. Il pourrait intervenir entre le second tour des municipales, le 28 juin, et le 14 juillet.

Le président décidera du moment opportun et rien n’est tranché, indique son entourage.

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