Décès d’un résident d’Ehpad dans le Tarn : la famille porte plainte «parce qu’il était attaché depuis 15 jours» – Le Parisien

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Ils veulent la vérité pour que « ces faits ne se reproduisent plus et que les patients terminent leur vie dans de bonnes conditions humaines ». Les trois enfants d’un nonagénaire, résident à l’Ehpad de La Chevalière à Mazamet (Tarn), annoncent, dans La Dépêche du Midi, avoir porté plainte pour homicide involontaire. « On a reçu la plainte et une enquête a été ouverte. Des vérifications sont en cours », a confirmé Cherif Chabbi, procureur de la république de Castres.

Selon eux, leur père, décédé le 30 mars des suites du Covid-19, aurait été « attaché à son fauteuil pendant 15 jours ». Ils reprochent des faits de maltraitance. Tout commence le 15 mars lorsque Georges Bordes, 93 ans, résident de cette maison de retraite, institution de la ville du sud du Tarn depuis des décennies, est testé positif au coronavirus. La famille précise qu’elle avait refusé qu’il soit vacciné.

« L‘établissement a demandé au médecin de famille de rédiger une ordonnance pour prescrire une contention physique, raconte au quotidien régional, Didier le fils aîné et tuteur légal de Georges Bordes. Parce qu’on le connaît bien, mon frère Denis et moi, ce médecin nous a contacté pour nous prévenir qu’il allait établir cette ordonnance « à contrecœur, mais que c’était le protocole ». On a donc su que notre père, pendant huit jours, allait être attaché au fauteuil de sa chambre. À partir de ce jour-là, on ne l’a plus revu… », s’attriste-t-il.

Un protocole « pas simple à comprendre pour les familles »

Sauf que selon le témoignage d’une infirmière de l’établissement qu’auraient récupéré les trois enfants, « il est resté durant les quinze jours qui ont précédé son décès, entravé sur ce fauteuil en journée et sous somnifères importants la nuit. Tout cela afin qu’il ne puisse quitter sa chambre et déambuler ». Une manière d’éviter que les résidents contaminent les autres occupants. « Je me bats contre ce protocole. Je trouve que c’est inhumain, mon père en a subi les frais et les anciens ne méritent pas ça », poursuit le fils, sur le site de la radio régionale 100 %.

Du côté de la direction de l’établissement, on estime avoir suivi les prescriptions du médecin traitant et procédé à l’isolement. « Nous sommes très étonnés, et assez en colère de ce qui a pu paraître dans la presse, explique Sarah Caminade Marty, la directrice de l’Ehpad. Être accusée d’homicide involontaire sachant qu’on ne fait qu’appliquer des protocoles, des recommandations et des prescriptions médicales. Je peux comprendre que les gens soient tristes du décès de leurs parents, mais nous le mettre sur le dos, c’est un petit peu compliqué », considère, sur à la radio 100 %, Sarah Caminade Marty.

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Selon un soignant contacté par Le Parisien, dans un établissement semblable du sud du Tarn, la contention est « décidée lorsque les résidents positifs déambulent dans les couloirs au risque de contaminer les autres. Cela arrive souvent même si cette histoire est choquante ». Et le professionnel, qui a déjà vécu une situation semblable, d’alerter : « le mot attacher est peut-être mal compris. La contention peut se faire sans attacher le patient, il y a des barrières, des draps, des ceintures de contention. Les familles comprennent difficilement ce protocole de contention, nous devons souvent expliquer que la personne représente un danger pour les autres ».

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Le personnel médical de cette structure associative, sous le choc, devrait prochainement être entendu par la justice, tout comme le médecin de famille qui a prescrit cette contention, assure France Bleu.

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