Dans les Alpes-Maritimes sinistrées, Emmanuel Macron promet un soutien « dans la durée » – Le Monde

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Un homme transporte du bois, le 6 octobre 2020, sur la route endommagée menant à Breil-sur-Roya, village ravagé par les inondations, dans les Alpes-Maritimes.

Un soutien « à la mesure de la catastrophe ». Cinq jours après les intempéries exceptionnelles qui ont dévasté l’arrière-pays niçois, « la nation sera présente dans la durée », a promis mercredi 7 octobre le président, Emmanuel Macron, avant d’aller rencontrer les sinistrés.

Le chef de l’Etat sera interviewé en direct dans les journaux de 20 heures de TF1 et de France 2 en direct de Saint-Martin-Vésubie, un des villages des Alpes-Maritimes sinistrés, ont annoncé les deux chaînes. Le président répondra aux questions de Marie Chantrait pour TF1 et de Jeff Wittenberg pour France 2. L’entretien sera également diffusé sur LCI et Franceinfo.

Trois vallées au nord de Nice ont été frappées vendredi par des pluies torrentielles et des crues brutales qui ont fait au moins quatre morts, huit personnes disparues et treize autres « supposément disparues ». Ces intempéries ont frappé jusqu’en Italie, avec deux morts dans le Val d’Aoste et le Piémont.

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Des destructions considérables

Au-delà des pertes humaines, les destructions sont considérables : maisons englouties ou éventrées par dizaines, routes coupées et impraticables pendant de longues semaines, réseaux d’eau potables anéantis. Des cimetières, à Tende ou Saint-Martin-Vésubie, ont été endommagés et des dizaines de cercueils emportés par les eaux.

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Dans les vallées de la Vésubie et de la Tinée, plus de 25 kilomètres de réseaux d’eau potable ont été détruits. Des palettes de bouteilles d’eau et des citernes pallient l’urgence. Même situation pour les eaux usées, avec au moins quatre stations d’épuration à reconstruire et 10 km de réseau dans la Vésubie et la Tinée.

La route traversant la Roya, qui part de la côte italienne, à Vintimille, n’est plus qu’une série de pointillés à flanc de montagne. Dans la Vésubie, 25 à 30 km de routes et trois ponts sont aussi à rebâtir, et d’autres travaux doivent être menés dans la Tinée ou la Plaine du Var, a annoncé la métropole Nice-Côte d’Azur.

Côté transport ferroviaire, en revanche, les infrastructures ont mieux tenu. Entre Nice et Breil-sur-Roya, la circulation a repris normalement depuis lundi, selon la SNCF. Depuis mercredi, un train de marchandises doit partir chaque jour de Nice jusqu’à Breil-sur-Roya et transporter 10 à 12 tonnes de denrées.

Le réseau de distribution d’électricité a été « en grande partie emporté avec les routes et les ponts », a précisé à l’AFP Marianne Laigneau, présidente du directoire d’Enedis, gestionnaire du réseau. Plus de 100 groupes électrogènes ont été acheminés afin que chaque village ait au moins un point d’alimentation. Dans un second temps, il faudra tirer des câbles pour assurer une alimentation provisoire, avant de tout remailler – un chantier de plusieurs mois, selon Enedis. Mercredi matin, quelque 3 000 foyers restaient privés d’électricité, contre 15 000 au plus fort de la crise.

Après un week-end sans communication, le réseau se rétablit progressivement depuis dimanche. Les opérateurs visent un retour à la normale pour le plus grand nombre d’ici la fin de semaine.

Intempéries Alpes-Maritimes.

Macron ira au plus près des zones touchées

La reconstruction nécessitera des sommes significatives et des mois d’efforts. « La nation sera là, présente, dans la durée », a assuré M. Macron. « Pleinement mobilisé dans l’urgence, l’Etat le restera demain, dans la phase de reconstruction. J’en prends l’engagement », a-t-il insisté quelques heures avant d’aller à la rencontre des habitants.

« Les mesures annoncées seront à la mesure de la catastrophe, à la mesure aussi de la solidarité qui s’est déployée sur le terrain », a-t-il ajouté. « Une tempête d’une ampleur sans précédent a ravagé plusieurs de vos villages et fauché des vies. Je m’incline devant la douleur des familles et des proches des victimes », a écrit le chef de l’Etat dans un message publié sur Facebook.

Breil-sur-Roya, le 5 octobre 2020. La route menant à Tende et Fontan est coupée à la circulation en raison de l’effondrement d’un pont et d’un éboulement.

Après un après-midi au plus près des zones touchées, à Tende puis Breil-sur-Roya et enfin Saint-Martin-Vésubie, où hélicoptères, engins de chantier et secouristes s’activent pour désenclaver les villages et ravitailler les populations, le chef de l’Etat terminera sa visite en soirée par le centre opérationnel départemental installé à la préfecture de Nice.

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1 500 acteurs économiques en difficulté

A ce stade, le montant des dégâts estimé par les services de la Métropole Nice Côte d’Azur – dont dépendent les vallées de la Vésubie et de la Tinée – est déjà de 600 millions d’euros pour ce qui relève de la seule maîtrise d’ouvrage métropolitaine. Du côté du département des Alpes-Maritimes, on avance le montant de 500 millions d’euros pour les seules routes départementales, et on estime que 1 500 acteurs économiques vont être mis en difficulté, dans des vallées vivant essentiellement du tourisme.

Les attentes sont fortes sur le terrain, face à un gouvernement qui devrait déclarer l’état de catastrophe naturelle pour les territoires concernés mercredi matin, en conseil des ministres, facilitant ainsi les indemnisations par les assurances, entre autres. « La reconstruction doit se faire vite, un an, deux ans maximum, pour tout rétablir », plaidait mardi le président Les Républicains (LR) du conseil départemental, Charles-Ange Ginesy. « Il faut redonner espoir à ces populations en leur donnant les conditions de sécurité », a-t-il affirmé, en expliquant qu’il demanderait 250 millions d’euros à l’Etat pour la prévention des risques, dans une zone qui, selon lui, va devoir s’adapter au changement climatique.

Christian Estrosi, maire de Nice et président de la métropole niçoise, a de son côté averti qu’il entendait demander au président de la République « la mise en œuvre rapide » de nombreux dégrèvements d’impôts, de taxes et de cotisations pour « tous les particuliers et les entreprises touchés ».

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Le Monde avec AFP

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