Dans le Nord, un avant-goût de la bataille présidentielle entre Emmanuel Macron et Xavier Bertrand – Le Monde

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Le président de la République, Emmanuel Macron, et le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, en visite à l'usine Renault de Douai (Nord), lundi 28 juin 2021.

Les uns parlent de déni, les autres d’une indifférence feinte. Ce lundi 28 juin, au lendemain de la déroute électorale du parti présidentiel, La République en marche (LRM), aux élections régionales, Emmanuel Macron a, de facto, préféré l’offensive à la remise en cause.

En visite à Douai (Nord), le chef de l’Etat a donné raison à ceux qui l’accusent de vouloir « enjamber » le scrutin des 20 et 27 juin en se tournant sans ambiguïté vers l’élection à venir : la présidentielle de 2022. Une échéance à laquelle il se prépare aux côtés de son actuel premier ministre, Jean Castex. « Les élections locales n’appellent pas de conséquences nationales, et donc pas de changement de premier ministre dans les prochains mois, ou semaines », a rappelé Emmanuel Macron dans un entretien au magazine Elle, publié lundi 28 juin, douchant les espoirs de l’hebdomadaire de voir une femme entrer à Matignon.

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Ni l’alerte donnée par l’abstention massive du scrutin, ni l’hécatombe de LRM n’ont eu de place, lundi, sur le site du constructeur automobile Renault, où le groupe chinois Envision compte implanter une usine de batteries électriques. Avant de réunir dans la soirée, à Versailles, plus d’une centaine de chefs d’entreprise et d’investisseurs pour le sommet Choose France vantant l’attractivité du pays, le chef de l’Etat était là pour défendre son bilan et se projeter dans un avenir post-2022. « Ce n’est pas comme si la défaite n’était pas annoncée. Il faut remonter sur le cheval », explique un proche du président.

Vers la présidentielle

Le terrain, il est vrai, était propice à la bataille qui s’annonce. Emmanuel Macron, épaulé par la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, Franck Riester, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, et le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait face à lui l’un de ses adversaires déclarés : Xavier Bertrand. Le président du conseil régional des Hauts-de-France, largement réélu dimanche et déjà tourné vers sa candidature à la présidentielle, était, en tant qu’élu local, convié à la visite.

A son arrivée, M. Macron n’a pu que féliciter poliment ce rival qui s’est flatté d’avoir fait reculer l’extrême droite dans la région. Mais le chef de l’Etat y a aussi vu l’occasion de lui rappeler que, « quand on réinvestit, on arrive à calmer beaucoup de choses ». Ça tombe bien, le président de la République est dans le Nord, région industrielle sinistrée, pour parler d’investissements. Et quand M. Bertrand tente de revenir sur cette élection maudite pour la majorité en lançant au chef de l’Etat : « Et l’abstention ? », « On doit tous en tirer les conclusions », lui répond Emmanuel Macron, donnant le sentiment d’avoir anticipé les coups.

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