Ce jeudi, dans un communiqué, Daesh a confirmé la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi. Le groupe jihadiste a également confirmé la mort, dans un autre raid, de son ancien porte-parole, Abou al-Hassan al-Mouhajir, bras droit d’Abou Bakr al-Baghdadi. Daesh a également désigné un successeur à son chef, du nom d’Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi.

“Nous ne savons pas grand-chose de lui, sauf qu’il est le principal juge de Daesh et qu’il dirige l’Autorité de la charia (loi islamique)”, a indiqué Hicham al-Hachemi, un expert irakien de l’EI.

C’est le président américain Donald Trump qui avait annoncé dimanche, depuis la Maison Blanche, la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d’attentats sanglants.

Daesh appelle à venger la mort de son chef

Mercredi, le Pentagone a diffusé plusieurs photos et extraits vidéos où l’on voit notamment une dizaine de soldats approcher, dans la nuit de samedi à dimanche, de l’enceinte du complexe où était caché le chef jihadiste dans le village de Baricha, dans le nord-ouest de la Syrie. Acculé par les forces américaines, le chef de Daesh s’est fait exploser avec sa “veste” chargée d’explosifs alors qu’il s’était réfugié dans un tunnel creusé pour sa protection. “Il est mort comme un chien”, a assuré Donald Trump.
    
Dans son enregistrement audio d’une durée de sept minutes, l’organisation jihadiste a appelé jeudi à venger cette mort, en menaçant spécifiquement les Etats-Unis de représailles.

“Ne te réjouis pas Amérique (…)”, est-il dit. “Il est venu celui qui te fera oublier les horreurs” d’Abou Bakr al-Baghdadi et “les coupes amères (…) dont le goût te paraîtra doux”, a ajouté l’organisation en référence à son nouveau chef.

Les kurdes en Syrie craignent des représailles de Daesh

Depuis qu’il s’était autoproclamé, en 2014, “calife” d’un territoire qui a compté jusqu’à sept millions d’habitants, à cheval entre l’Irak et la Syrie, le chef du groupe jihadiste était devenu l’homme le plus recherché du monde. Sa mort a été annoncée plusieurs fois, toujours à tort: toutes les tentatives pour éliminer cet Irakien de 48 ans avaient échoué, tant l’imam vivait dans l’ombre.

Son successeur hérite d’un mouvement jihadiste qui a dû, après la chute de son “califat” en mars et d’autres défaites militaires, se dissoudre en une multitude de cellules clandestines en Syrie et en Irak, avec des communications difficiles dans des pays en plein chaos.

Le nouveau chef jihadiste pourrait être amené à commander quelque 14.000 combattants dispersés en Syrie et en Irak et se rapprocher du chef actuel d’Al-Qaïda, l’Egyptien Ayman al-Zawahiri, a affirmé mercredi Russ Travers, directeur par intérim du National Counterterrorism Center, l’organisme qui supervise la lutte antiterroriste aux Etats-Unis.

Dans le message audio diffusé jeudi, le porte-parole de Daesh a, par ailleurs, fait référence à l’appel de l’ex-chef du groupe jihadiste en faveur de la libération des détenus de Daesh dans des prisons et des camps contrôlés par les forces kurdes. Celles-ci affirment détenir environ 12.000 jihadistes présumés de Daesh, dont plus de 2000 étrangers en provenance de plus de 50 pays.

Les forces kurdes en Syrie, partenaires de Washington durant les années de lutte contre les jihadistes de Daesh ont eux aussi dit craindre des représailles du groupe après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi.

“On s’attend à tout, y compris des attaques contre les prisons”, a déclaré Mazloum Abdi, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), en référence aux centres tenus par les Kurdes qui abritent des milliers de jihadistes.

Advertisements
Spread the love

Leave a Reply