Cybersécurité : Les GAFAM sortent le chéquier pour défendre les Etats-Unis

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Cybersécurité : Les GAFAM sortent le chéquier pour défendre les Etats-Unis

A l’issue d’une réunion sur la cybersécurité, qui s’est tenue ce mercredi à la Maison blanche, le président américain Joe Biden a obtenu des géants américains du numérique des promesses d’investissements importantes pour améliorer la résilience des infrastructures critiques nationales face aux cyberattaques. A l’avant-poste de ce combat, pointé du doigt comme crucial par Washington, Microsoft et Google ont chacun promis des milliards de dollars pour des investissements spécifiques en matière de cybersécurité.

Cette réunion majeure intervient à la suite d’une série d’incidents dramatiques en matière de cybersécurité. Citons notamment l’attaque par ransomware de Colonial Pipeline, qui a interrompu les livraisons de gaz et de pétrole dans tout le Sud-Est des Etats-Unis, ou encore l’attaque sur le système de fournisseur de logiciels SolarWinds, ou sur les serveurs Microsoft Exchange. Autant d’attaques qui ne doivent pas rester impunies, dixit la Maison blanche, qui en appelle à un « effort national », nécessaire pour faire face aux nouvelles menaces qui pèse sur ses champions nationaux et ses infrastructures critiques.

Message reçu cinq sur cinq du côté des champions américains du numérique. A la sortie de la réunion, Microsoft a indiqué vouloir investir 20 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour faire progresser la « cybersécurité dès la conception » et fournir des solutions de sécurité avancées. La firme de Redmond a également annoncé qu’elle mettrait immédiatement à disposition 150 millions de dollars en services techniques pour aider les collectivités et Etats américains à améliorer leur sécurité.

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Les GAFAM investissent la cyberguerre

De son côté, Google s’est engagé à consacrer 10 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années à l’expansion des programmes Zero Trust, à la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement en logiciels et au renforcement de la sécurité des logiciels libres. Le géant californien a également indiqué vouloir jouer sur la formation en aidant 100 000 Américains à obtenir des certificats de compétences numériques reconnus par l’industrie.

Apple va pour sa part mettre en place un nouveau programme visant à rendre la chaîne d’approvisionnement technologique plus sûre. Dans le cadre de ce plan, la marque à la Pomme prévoit de collaborer avec ses fournisseurs pour favoriser l’adoption massive de l’authentification multifactorielle, la formation à la sécurité, la correction des vulnérabilités, l’enregistrement des événements et la réponse aux incidents. Du côté d’IBM, on mise également sur la formation. Big Blue formera 150 000 personnes aux compétences en matière de cybersécurité au cours des trois prochaines années.

Enfin, la direction d’Amazon a annoncé qu’elle offrirait aux titulaires de comptes Amazon Web Services un dispositif gratuit d’authentification multifactorielle. Le géant du commerce en ligne prévoit également de rendre gratuite pour le public sa formation de sensibilisation à la sécurité, qu’elle propose actuellement à ses employés.

Ton plus martial du côté de Washington

De quoi apaiser en partie les craintes de la Maison Blanche, qui a également indiqué avoir reçu des engagements de la part de fournisseurs de cyberassurance et d’organismes d’enseignement en vue d’améliorer la formation du grand public aux gestes de cybersécurité.

Pour rappel, la sécurité informatique des infrastructures critiques américaines s’est imposé comme un leitmotiv du côté de Washington. Début mai, le président Joe Biden avait ainsi publié un décret sur la cybersécurité, exigeant des agences fédérales qu’elles modernisent leurs cyberdéfenses. Plus tôt dans l’année, l’administration Biden a également lancé une initiative de 100 jours pour améliorer la cybersécurité dans le secteur de l’électricité. Mercredi, l’administration a annoncé que l’initiative avait permis d’améliorer la cybersécurité de plus de 150 compagnies d’électricité et qu’elle serait désormais étendue aux gazoducs.

Après différentes attaques sur les infrastructures numériques de grands groupes et d’administrations américaines, le ton s’est fait nettement plus martial au sein de l’administration américaine. En juillet, Joe Biden a ainsi tapé du poing sur la table : pour ce dernier si les Etats-Unis devaient s’engager dans une « véritable guerre armée », ce serait en réponse à une cyberattaque majeure. Une menace à peine voilée que la Maison Blanche n’entend pas prendre à la légère.

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