Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé devant la presse qu’il allait présenter la démission de son gouvernement, au 13e jour d’une contestation populaire inédite réclamant la chute du régime.

“Je me rends au Palais de Baabda pour présenter la démission du gouvernement au président de la République”, décidée “face à la volonté de nombreux Libanais qui sont descendus dans la rue pour réclamer le changement” a déclaré Saad Hariri lors d’une brève allocution télévisée, accueillie par les vivats de la foule qui l’écoutait en direct sur les lieux de rassemblement.

Les libanais ont vivement réagi à l’annonce du Premier ministre, comme le montre une vidéo sur  Twitter de Josie Ensor, correspondante au Moyen-Orient pour The Telegraph. Des feux d’artifice ont été aussitôt tirés dans Beyrouth tandis que des voitures sillonnaient la ville tous klaxons hurlants en signe de victoire.

Après une révolte populaire inédite dans l’histoire du pays, les manifestants ont ainsi obtenu gain de cause sur une de leur principale revendication. Mais leur colère vise plus globalement l’ensemble de la classe politique jugée unanimement incompétente et corrompue. “Tous cela veut dire tous”, a d’ailleurs de nouveau scandé la foule après l’annonce de Saad Hariri.

Le pays est quasiment paralysé depuis près de deux semaines par des barrages routiers qui bloquent les principales entrées de la capitale. Banques, écoles et université sont fermées. La colère populaire avait explosé le 17 octobre après l’annonce d’une nouvelle taxe sur les appels via la messagerie WhatsApp. La rapide annulation de la mesure n’a pas empêché la révolte de gagner l’ensemble du pays, de Tripoli au nord à Tyr au sud.

Trente ans après la guerre civile (1975-1990), la population souffre toujours de pénuries chroniques d’eau et d’électricité. Plus d’un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté et le pays figure parmi les plus corrompus du monde.

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