Crack à Paris: après l’évacuation des toxicomanes, riverains et élus déterminés à se faire entendre – BFMTV

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Ce vendredi, 130 consommateurs de cracks ont été évacués du quartier des jardins d’Eole, dans le nord-est de Paris. Ils ont été amenés près de porte de Villette, “dans un secteur sans riverains”, selon la préfecture. Mais le voisinage dément et se mobilise.

Au lendemain de l’évacuation de 130 toxicomanes du quartier des jardins d’Eole, à Paris vers la porte de la Villette, à la lisière de Pantin, les habitants se mobilisent. Vendredi matin, les autorités ont pris la décision de regrouper les toxicomanes vers la place Auguste-Baron, dans un secteur décrit “sans riverains aux abords immédiats” par la préfecture de police.

Une version officielle qui ne passe pas dans le quartier en question. Car s’il n’y a pas d’habitation à proximité du côté du 19ème arrondissement de Paris, c’est moins le cas à Aubervilliers ou Pantin.

“C’est vrai que porte de la Villette il n’y a pas d’habitation. Mais vous faites 100 mètres de plus, vous avez des habitations (…) comment ça se fait qu’il déclare ça?” s’interroge Mohamed Bader, un habitant d’Aubervilliers. Le riverain explique également que le lieu est un coin de passage où il y a des transports en commun.

Les habitants se mobilisent

Dans la commune, le voisinage a décidé de se mobiliser pour ne pas laisser s’implanter cette situation. Ce samedi matin, à 9h30, une réunion a eu lieu entre les riverains et l’adjointe à la sécurité d’Aubervilliers pour trouver des solutions et alerter les élus locaux.

“La mairie de Paris a pris la décision de mettre ses toxicomanes au pied de nos immeubles alors on va essayer de trouver une solution” explique amèrement Mohamed.

Le quartier est l’un des plus pauvres de France, laisser les toxicomanes à proximité, n’arrangera pas la situation selon les habitants. Un collectif a été monté, avec l’idée de manifester et d’interpeller Gérald Darmanin devant le ministère de l’Intérieur.

“On est en train de voir si juridiquement on peut envisager un dépôt de plainte contre l’état” explique Stéphanie Benoist, riveraine au micro de BFMTV. “Très clairement il y a mise en danger de la vie de ces toxicomanes.”

Les élus locaux en colère

La préfecture de police avance que la situation est provisoire et qu’il n’est pas question que les toxicomanes restent au niveau de la porte de la Villette. Une opération d’évacuation qui ne passe pas auprès des élus locaux, ces derniers déplorant par ailleurs ne pas avoir été prévenus.

Le maire de Pantin, par exemple, est très révolté par la situation, il a dénoncé dès vendredi soir “un manque de concertation” avec les élus locaux sur ce choix de les implanter porte de la Villette de manière temporaire.

Même réaction pour le président du département de la Seine-Saint-Denis, qui abonde ce samedi matin sur notre antenne: “Pourquoi ici? Pourquoi toujours à l’est de Paris? Pourquoi aux portes de la Seine-Saint-Denis (…) c’est inacceptable” fustige Stéphane Troussel. “La Seine-Saint-Denis, ça ne peut pas être le lieu de toute la concentration des difficultés d’Ile-de-France.”

Les autorités se renvoient la balle

“Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur semble oublier que c’est de la responsabilité de l’Etat, pas celle des collectivités locales, pas celle de la mairie de Paris que de prendre en charge les personnes qui sont en errance et en détresse” poursuit l’élu.

De nouveau, les autorités se renvoient la balle puisque de son côté, Gérald Darmanin a dit vendredi attendre de la mairie de Paris “des propositions de lieux où on pourrait suivre ces personnes”.

En attendant, une manifestation a lieu ce samedi à 11 heures à Pantin, en présence des élus locaux et des habitants. D’autres manifestations sont prévues ces prochains jours à Paris. “On ne va pas s’arrêter là” prévient Stéphanie Benoist.

Alicia Foricher

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