Advertisements

CovidStop : le gouvernement planche sur une application de tracking

Spread the love
CovidStop : le gouvernement planche sur une application de tracking

Le gouvernement travaille au développement d’une application visant à « limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission » selon Cédric O et Olivier Veran, interrogés par les journalistes du Monde. Derrière cette expression se cache un projet d’application permettant de suivre les rencontres des utilisateurs et d’éventuellement les prévenir dans le cas ou ils auraient été en contact avec une personne infectée par le virus Covid 19. Ce principe dit de « contact tracing » permet de mieux comprendre la propagation de la maladie et d’avertir les citoyens qui auraient pu être sans le savoir en contact avec une personne infectée, pour une prise en charge plus rapide.

Les deux ministres expliquent que le projet d’application est pour l’instant à l’étude et s’appuierait sur la technologie Bluetooth, sans géolocalisation GPS des téléphones. L’application enregistrera la proximité d’autres téléphones via le Bluetooth et dans le cas ou un utilisateur aurait été en contact avec une personne qui se serait déclarée infectée, l’application avertira l’utilisateur. Cette fonctionnalité ne fonctionnera néanmoins qu’avec les autres utilisateurs de l’application. Le gouvernement promet que l’application sera respectueuse de la vie privée des utilisateurs, que son code sera ouvert et que les données seront effacées après un certain temps. De plus, l’utilisation de cette application sera uniquement basée sur le volontariat. La CNIL est associée au développement du projet et la présidente de la commission était entendue ce matin par la commission des lois à l’Assemblée Nationale.

publicité

Changement de cap

Sur le sujet du pistage des individus en temps de pandémie, le gouvernement a opéré un virage assez serré : fin mars, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner estimait ainsi que les solutions de tracking n’étaient « pas dans la culture française ». Le ministre est revenu sur sa position il y a deux jours au micro de France 2, expliquant qu’un outil de tracking « respectueux des libertés individuelles » serait envisageable et « soutenu par l’ensemble des français. »

Les nombreux exemples de pays étrangers ayant mis en place ce type de solution ont sûrement pesé dans la balance : à Singapour, Taïwan et en Corée du Sud, les dirigeants ont déployé de telles applications pour mieux suivre et mieux comprendre la propagation des infections. Différents pays ont mis en place ce type de solution, chacun avec ses propres modalités : le député Mounir Mahjoubi s’est d’ailleurs penché sur les solutions utilisées à l’étranger afin d’étudier les différentes modalités de mise en place et le sujet sera débattu à l’occasion de la réunion du groupe LREM vendredi.

Mais plusieurs députés de la majorité ont déjà exprimé de vives critiques à l’égard de ce projet, jugé risqué et attentatoire aux libertés personnelles. Le député Sacha Houlié a ainsi publié une tribune dans le JDD assimilant les mesures de pistages de la population aux bracelets électroniques utilisés par l’administration pénitentiaire. Les modalités de mise en œuvre de cette application et les technologies utilisées seront donc scrutées de près.

Le Chaos Computer Club, célèbre club de hackers allemands généralement farouchement opposé aux outils de surveillance en ligne, a également publié sur son site une liste de recommandations visant à s’assurer que les applications dites de « contact tracing » n’empiètent pas sur la vie privée des utilisateurs. Les recommandations du CCC listent dix grands principes, parmi lesquels l’anonymat des utilisateurs ou encore la nécessaire décentralisation de l’architecture de l’application. La CNIL étant associée au projet, celle ci devrait émettre un avis sur l’application développée par le gouvernement. Il faudra donc attendre que celle-ci soit terminée pour voir si l’ensemble des cases sont bien cochées.

Advertisements

Leave a Reply