Covid : face aux cas qui continuent d’exploser, la France peut-elle maintenir sa levée des restrictions ? – Midi Libre

“Nous tenons notre calendrier” sur la levée des restrictions, a assuré Gabriel Attal mercredi 26 janvier. Pourtant, la veille, la France enregistrait un nouveau record de contaminations. Comment expliquer cette situation qui paraît paradoxale ? La France a-t-elle les moyens de tenir cette ligne de crête ? On fait le point. 
 

Mais quand cette 5e vague épidémique va-t-elle se terminer ? Alors que les premières prévisions prévoyaient un pic des contaminations à la mi-janvier, Gabriel Attal a déclaré mercredi 26 janvier : “Omicron continue de gagner du terrain et nous ne sommes pas encore au pic”.

Mardi 25 janvier, le pays a même connu un nouveau record de contaminations, avec plus de 500 000 nouveaux cas en 24 heures, et une moyenne qui dépasse les 360 000 cas par jour sur la dernière semaine. La vague Omicron a même repris de l’ampleur il y a une dizaine de jours. 

Les hôpitaux non plus ne sont pas à la fête. Pour la première fois depuis le mois d’avril, le seuil des 30 000 patients hospitalisés pour Covid a été franchi. Seul le nombre de patients en soins critiques baisse légèrement, ou se maintient. 

Mais alors, comment expliquer que le gouvernement conserve son calendrier de levée des restrictions, alors que dans le même temps, la situation semble s’aggraver ? 

La levée des restrictions maintenue 

Premier élément de réponse, le gouvernement estime que les hôpitaux peuvent encore tenir, considérant que le nombre de patients en réanimation et soins critiques est moins corrélé que d’habitude au nombre de contaminations. Ce qui s’explique en partie par la dangerosité moindre du variant Omicron.

À la sortie du Conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement a expliqué que “la situation à l’hôpital” faisait office de “juge de paix”, rappelant au passage que la levée du pass vaccinal était conditionnée à une nette amélioration sur ce point-là.

Le pic atteint en Île-de-France

Autre élément encourageant : “Nous constatons une décrue épidémique de la vague Omicron” en Ile-de-France, a également expliqué Gabriel Attal. Si cette décrue est pour l’heure très localisée, elle “pourrait s’élargir assez rapidement sur l’intégralité de notre pays”espère le porte-parole, qui maintient néanmoins son appel à la “prudence”.

Car en Occitanie par exemple, la situation est tout autre. Dans le département de Haute-Garonen par exemple, le taux d’incidence a passé la barre des 5 000 nouveaux cas pour 100 000 habitants, une situation inédite depuis le début de l’épidémie.

L’inconnue BA.2

Si certains épidémiologistes comme Antoine Flahault, le directeur de l’Institut de Santé globale à l’université de Genève interorgé par La Dépêche, estiment que le sous-variant d’Omicron BA.2 “pourrait être à l’origine de l’augmentation très récente des contaminations que l’on est en train d’observer”, d’autres refutent cette hypothèse.

Les autorités sanitaires ont d’ailleurs indiqué ce mardi qu’il “y a des détections de BA.2 en France, mais à des niveaux très faibles. Des cas ponctuels répartis sur différentes régions ont été détectés par séquençage sur les deux dernières semaines de décembre 2021 et les deux premières semaines de cette année”.

Mais si le sous-variant BA.2 s’installait en France dans les prochaines semaines, il pourrait, comme l’a fait Omicron avant lui, maintenir les contaminations a un niveau extrêmement élevé, et impacter ainsi l’évolution de la situation à l’hôpital. Un scénario qui pourrait légèrement perturber les prévisions du gouvernement.

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