Covid-19 : rebond épidémique, 4e dose… Ce qu’il faut retenir de l’avis du conseil scientifique – Le Parisien

« L’épidémie n’est pas terminée ! », rappelle d’emblée le conseil scientifique. L’instance chargée de conseiller le gouvernement lui a rendu une nouvelle « note d’alerte », vendredi 11 mars, avant de le transmettre à la presse ce mardi. Plusieurs propositions sont émises pour les semaines qui viennent, alors qu’un rebond épidémique a débuté début mars. Voici ce qu’il faut en retenir.

Un rebond multifactoriel

Le conseil scientifique liste plusieurs explications à l’augmentation du nombre de cas quotidiens, passé de 55 000 à 66 000 en dix jours : relâchement de la population, impact du sous-lignage BA.2 du variant Omicron (plus transmissible que BA.1 et désormais majoritaire en France), le climat hivernal, la rentrée scolaire, ou encore le déclin de l’immunité. Comme Le Parisien l’expliquait il y a quelques jours, il est très compliqué de dire dans quelle mesure chacun de ces facteurs a pu jouer, d’autant plus que le rebond est généralisé à toute l’Europe de l’Ouest.

« Le nombre d’hospitalisations augmentera de façon transitoire dans les semaines qui viennent », prévient le conseil scientifique. Le nombre d’admissions quotidiennes de patients Covid à l’hôpital vient de repasser au-dessus de 1000. Mais d’après les projections de l’Institut Pasteur, l‘ampleur de ce rebond devrait rester limitée si les contacts n’augmentent pas trop.

« Banalisation de l’épidémie dans la société »

Le conseil scientifique note que les pays européens (dont la France) sont préoccupés par guerre en Ukraine et que « le Covid-19 est passé au second plan ». Par ailleurs, « les citoyens ont la perception que les variants Omicron ont entraîné un grand nombre de nouvelles contaminations en décembre 2021, janvier et février 2022, mais que ces contaminations entraînent des formes peu sévères ». Pour toutes ces raisons, l’instance parle d’une « banalisation de l’épidémie dans la société ».

Le conseil scientifique souligne aussi qu’environ 18 000 décès liés au Covid ont eu lieu en France depuis le 15 décembre, « avec une certaine forme de banalisation et d’indifférence ».

Des mesures pour les personnes âgées ou fragiles

Le conseil scientifique appelle « à insister sur l‘importance de la conservation des mesures de protection chez les plus âgés, fragiles, et immunodéprimés ». Ceux qui le souhaitent doivent pouvoir continuer de porter le masque, d’aérer les locaux ou de se laver les mains « pour se protéger ou protéger les plus fragiles, sans ostracisation », quel que soit leur âge.

Ces derniers jours, le gouvernement a appelé à plusieurs reprises les personnes âgées et fragiles à garder le masque sur le visage notamment dans les lieux clos, même si ce n’est plus obligatoire depuis ce lundi.

Une quatrième dose dès 65 ans ?

Alors que la campagne de quatrièmes doses (ou plutôt de deuxièmes doses de rappels) vient à peine de débuter pour les plus de 80 ans et les résidents d’Ehpad, le conseil scientifique suggère d’élargir la cible à ceux ayant entre 65 et 80 ans. Eux aussi sont « soumis à un phénomène d’immunosénescence » avec une immunité qui décline au fil du temps, y compris contre les formes graves.

Le conseil scientifique s’en remet au Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale et surtout à la Haute Autorité de santé, qui ne s’est pas encore prononcée sur ce sujet. En revanche, et comme s’accordent à dire tous les experts, « pour les populations plus jeunes, non à risque, une quatrième dose de vaccin n’est pas indiquée ».

Vacciner davantage d’enfants

Le conseil scientifique appelle aussi à « accélérer la vaccination des enfants de 5 à 11 ans avec facteur de risque médical ». Seuls 20 % d’entre eux sont vaccinés aujourd’hui, et la couverture vaccinale est même de 5 % si l’on prend en compte tous les enfants (et pas seulement ceux à risque). C’est beaucoup moins que chez nos principaux voisins (52 % en Espagne, 37 % en Italie, etc.).

Booster les prescriptions de Paxlovid

Cet antiviral du laboratoire Pfizer « reste mal identifié des médecins et des patients », regrette le conseil scientifique, qui appelle à « simplifier » sa prescription par les pharmaciens. Le Paxlovid, destiné aux patients fragiles et testés positifs, permet de fortement limiter les risques de forme grave.

Tenir jusqu’à fin avril ?

Enfin, le conseil scientifique invite les autorités à « s’appuyer davantage sur une forme de responsabilisation individuelle et de gestion du risque », notamment en faisant un « effort de pédagogie et d’information de la population durant les prochaines semaines ». Dans cette communication, il apparaît important de « prendre en compte qu’une amélioration de la situation pourrait être observée avec le changement du climat à partir de la fin avril ».

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