Covid-19 : quatre questions sur le couvre-feu mis en place en Guyane – franceinfo

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Nouvelles restrictions ciblées, voire couvre-feu local, le chef de l’Etat doit encore trancher entre les différentes options qui ont été examinées mardi matin au cours d’un conseil de défense sanitaire à l’Elysée. Direction la Guyane, où le couvre-feu est déjà une réalité.
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Va-t-il y avoir un couvre-feu à Paris et dans les grandes villes françaises ? C’est l’une des pistes envisagée par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus et éviter un reconfinement général. L’éxecutif étudiait cette option mardi 13 octobre lors du Conseil de défense sanitaire à l’Elysée. Verdict mercredi soir à 20h lors de la prise de parole d’Emmanuel Macron à la télévision. Un couvre-feu qui ne serait pas une première en France cette année. Ce dispositif est déjà une réalité en Guyane notamment.

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Quand le couvre feu a-t-il été décidé ?

Depuis début juin, la Guyane connaît un couvre-feu. Il a été mis en place un mois pile après la fin du confinement. Un couvre-feu au départ très strict, et qui a été renforcé dans certaines communes avec une interdiction de sortir de 17h à 5h du matin. Une interdiction même pour faire ses courses ou faire du sport. Pas de sortie non plus le dimanche, un jour traditionnellement réservé aux réunions de famille.

La mesure a-t-elle été efficace ? 

La mesure est très bien respectée par les Guyanais. C’est ce qui a permis de diminuer le nombre de contaminations. Clara de Bort, directrice de l’Agence régionale de santé de Guyane (ARS) ne regrette pas du tout cette décision : “On s’attendait à avoir fin juin 70 patients atteints du Covid-19 en réanimation. Pour la Guyane, c’est beaucoup. Donc on était en gros dans la même situation qu’actuellement en métropole. Et du fait du couvre-feu nous avons bénéficié d’une réduction de moitié du pic d’hospitalisations en réanimation.”

Le couvre-feu a réduit immédiatement d’un tiers la circulation du virus et ça a eu un effet immédiat, c’est-à-dire que le jour même du couvre-feu vous commencez à être efficace. Vous arrêtez tout de suite la circulation du virus et donc la part de gens qui vont tomber malades.

Clara de Bort, directrice de l’ARS de Guyane

à franceinfo

Moins de cas de Covid-19 grâce à ce couvre-feu mais aussi grâce aux frontières toujours fermées avec les voisins du Brésil et du Suriname. Lundi, seulement 10 nouveaux cas positifs ont été détectés sur les 300 000 habitants de Guyane.

Pourquoi le couvre-feu est-il toujours en place ?

Malgré ces bonnes nouvelles, pas question pour le préfet Marc del Grande de supprimer ce couvre-feu : “Ça nous rend beaucoup de services. Ça évite des contacts sociaux quelques fois alcoolisés ou la possibilité de cluster. Nous avons encore des patients hospitalisés Covid, nous avons encore des patients en réanimation. Lorsque j’entends que le virus risque de rester actif sur la planète jusqu’au milieu de l’année prochaine, il ne serait pas responsable de ne pas le maintenir.”

Le dispositif est toujours en place donc mais il a quand même été allégé depuis la fin de l’été. Les Guyanais doivent en ce moment rester chez eux de minuit à 5h du matin. Autre avantage du couvre-feu : moins d’accidents de la route et donc plus de places dans les services de réanimation.

Quelles conséquences dans la vie de tous les jours ?

Il est toujours possible de se déplacer pour aller au travail en journée, où le soir avec un justificatif. Mais ce qui est compliqué surtout, c’est la vie sociale, qui se retrouve forcément réduite. Et cela pèse sur le moral, comme l’explique Ainrico, 21 ans. Il travaille dans un collège au sud de Cayenne : “Je trouve le couvre-feu plus compliqué que le confinement tout simplement parce que pendant le confinement on était tout le temps à la maison donc ça allait. Mais quand on travaille en milieu scolaire, on est tout le temps en alerte et sur le qui-vive, donc on est tout le temps stressé et ça tape au niveau du moral.”

On n’a plus beaucoup de motivation ni beaucoup d’envie. De ne pas pouvoir libérer ce stress, c’est pire au final.

Ainrico, Guyannais

La Guyane n’a pas été le seul territoire à vire sous couvre-feu. C’était aussi le cas dans certaines villes françaises, comme à Amiens, Nancy, ou encore Mulhouse par exemple. Mais c’était dans le cadre très particulier du confinement.

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