Covid-19 : près de 400 soignants arrivent en renfort à la Guadeloupe et à la Martinique – Le Monde

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Des volontaires du CHU de Nancy s’apprêtent à embarquer pour les Antilles, vendredi 20 août 2021.

Tous volontaires, jeunes pour la plupart, parfois prévenus à la dernière minute, plus de 400 professionnels de santé se sont envolés vendredi 20 août pour les Antilles pour prêter main-forte aux hôpitaux martiniquais et guadeloupéens, débordés par le Covid-19. Ils répondent à l’appel lancé le 8 août par le ministre de la santé, Olivier Véran, pour soulager les hôpitaux sous très haute tension.

A l’aéroport parisien d’Orly, 270 soignants ont pris place à bord d’un vol Air France à destination de Point-à-Pitre, venus de toutes les régions métropolitaines « qui ne sont pas en tension » hospitalière. S’y ajoutaient soixante pompiers de Paris et une cinquantaine de passagers rentrant ou se rendant à la Guadeloupe malgré le confinement.

Un autre vol, affrété par Corsair, est parti dans l’après-midi à destination de la Martinique, avec environ 150 soignants, dépêchés en renfort ou pour relever les premiers volontaires déjà sur place. En effet, 240 professionnels sont partis le 10 août, puis environ 120 mardi.

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  • 40 % des morts viennent de Guadeloupe ou Martinique

Des tonnes de matériel médical, notamment des extracteurs d’oxygène permettant à certains malades d’être traités chez eux plutôt qu’à l’hôpital, sont convoyées aux Antilles et des évacuations sanitaires opérées vers la métropole. Pour désengorger les hôpitaux, certains patients non atteints du Covid sont également acheminés en métropole sur des vols réguliers : quatre de Pointe-à-Pitre et trois de Fort-de-France depuis le début de la semaine, selon un porte-parole d’Air France.

Le variant Delta, combiné à une couverture vaccinale limitée (20 % de la population complètement vaccinée, contre 60 % au niveau national), a plongé les deux départements antillais dans une situation critique. Plus de 40 % des morts français du Covid ces dernières vingt-quatre heures, soit 53 décès sur 127, provenaient de Guadeloupe ou de Martinique.

« Un Guadeloupéen sur 50 est touché par le Covid, un Martiniquais sur 100 l’a été la semaine dernière », a affirmé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, qui a exprimé sa « fierté » et sa « reconnaissance » aux médecins, infirmiers, aides-soignants ou manipulateurs radio en route vers les Antilles. Mais les Antillais sont « en train de réaliser la sévérité de la vague et les bénéfices du vaccin », espère M. Salomon, alors que le nombre de contaminations semble se stabiliser.

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  • A la Martinique, « on aura encore besoin de nouveaux renforts »

Le directeur de l’agence régionale de santé (ARS) de Martinique, Jérôme Viguier, interrogé par l’Agence France-Presse (AFP) samedi, confirme qu’« on s’installe en plateau », mais que « ça veut dire qu’on va avoir de façon continue un flux massif de personnes dans les structures hospitalières, et qui vont saturer la médecine de ville ».

Il s’inquiète en particulier de la contamination des enfants :

« La circulation du virus est tellement importante qu’on constate 10 enfants hospitalisés en service de pédiatrie, dont un en soins intensifs. C’est quelque chose que l’on n’avait pas du tout vu pendant les vagues précédentes. »

« La situation est extrêmement tendue. Elle tient le coup, entre guillemets, grâce à l’ensemble des renforts, qui sont venus épauler les équipes de soins martiniquaises, affirme le directeur de l’ARS, qui prévient que dans ce territoire d’environ 370 000 habitants, « on aura encore besoin de nouveaux renforts », et que l’épidémie touche aussi très fortement la Guadeloupe voisine, ainsi que la Guyane.

  • Ecoles fermées et confinement durci en Polynésie

Les écoles, collèges et lycées vont fermer « dès lundi » en Polynésie française, et pour deux semaines, en raison de la flambée de Covid-19, a annoncé samedi le président de l’archipel, Edouard Fritch. Deux semaines, mais de nombreuses écoles et collèges ont déjà fermé après la diffusion du virus parmi les enfants ou les enseignants, alors que le taux d’incidence atteint 2 800 cas pour 100 000 habitants, soit le taux le plus élevé de France.

Un confinement strict a été annoncé dans les Iles-du-Vent et les Iles-sous-le-Vent, les archipels les plus peuplés de Polynésie, avec interdiction de circulation et nécessité de présenter une attestation, pour se rendre au travail et se former, se faire soigner ou vacciner, assister une personne vulnérable, faire des achats de première nécessité…

Les commerces de biens non essentiels, loisirs, restaurants et bars seront fermés, et les voyages d’agrément suspendus temporairement. En revanche, « le confinement uniquement le week-end est maintenu sur les îles concernées aux Tuamotu-Gambier », et les Marquises, comme les Australes, ne sont pas concernées. Le couvre-feu déjà en vigueur de 21 heures à 4 heures du matin est avancé à 20 heures sur l’ensemble du territoire.

Vendredi matin, l’assemblée de la Polynésie française avait voté l’obligation vaccinale, notamment pour les soignants et les personnes en contact avec des publics fragiles, ainsi que pour les patients en longue maladie.

Le Monde avec AFP

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