Covid-19 : pourquoi le variant Mu est considéré comme “à suivre” par l’Organisation mondiale de la santé – franceinfo

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Après Alpha, Beta, Delta, ou encore Kappa, le variant du coronavirus Mu suscite à son tour l’inquiétude des chercheurs. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a classé lundi 30 août comme “variant à suivre”. 

Si la plupart des mutations des virus n’ont que peu d’effets sur leurs propriétés, certaines peuvent affecter la transmissibilité et la gravité des symptômes, ou influer sur l’efficacité des vaccins. Voilà pourquoi l’OMS classe les variants du Sars-CoV-2, afin de hiérarchiser leur surveillance au niveau mondial.

Quatre variants sont considérés comme “préoccupants” (Alpha, Bêta, Delta, et Gamma). Outre Mu, quatre autres sont décrits comme “à suivre” (Eta, Kappa, Lambda et Iota). Franceinfo vous explique pourquoi l’OMS a fait ce choix pour le variant repéré pour la première fois en Colombie en janvier.

Parce que sa capacité de résistance aux vaccins interroge

Début août, sa possible dangerosité avait déjà évoquée lorsque sept résidents d’un Ehpad belge sont morts du Covid-19 en l’espace de deux semaines, après avoir été contaminés par le variant Mu. Au 7 août, 20 personnes avaient été contaminées. Toutes étaient vaccinées. 

Dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire sur l’évolution de la pandémie publié mardi (PDF en anglais), l’agence onusienne précise que le variant dispose “d’une constellation de mutations qui soulignent de possibles propriétés d’évasion immunitaire. Selon l’OMS, une étude préliminaire montre “une réduction de la capacité à neutraliser” le variant grâce aux vaccins, similaire à ce qui est observé avec le variant Bêta (identifié en Afrique du Sud).

De son côté, l’agence de santé publique britannique affirmait que “des propriétés d’évasion immunitaire similaires [avec le variant Beta]” pourraient se manifester, dans une évaluation des risques sanitaires (PDF en anglais) en date du 6 août. Pour rappel, l’étude ComCor de l’Institut Pasteur a conclu qu’un schéma vaccinal complet avec les vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNTech ou Moderna protégeait à 77% contre une contamination au variant Bêta. 

De son côté, l’OMS a souligné que des études supplémentaires étaient nécessaires pour mieux comprendre les caractéristiques de ces mutations. 

Parce qu’il n’y a pas encore de données précises sur sa dangerosité

Pour évaluer la contagiosité de ce variant, les études manquent encore. D’après l’agence Santé publique France, dans sa dernière analyse de risque sur les variants émergents en date du 25 août, le variant Mu “ne semble pas présenter de caractéristiques lui donnant un avantage compétitif par rapport à Delta, mais doit faire l’objet d’une surveillance attentive en raison de son profil de mutations”

“A l’heure actuelle, rien ne prouve que [le variant B.1.621] est en train de concurrencer le variant Delta et il apparaît peu probable qu’il soit plus transmissible”, rassurait de son côté l’agence de santé britanniqueMême constat du côté de l’agence de santé française qui estime qu’une “transmission accrue par rapport à Delta semble peu probable”. En outre, aucune donnée ne permet encore d’évaluer la gravité des symptômes engendrés par ce nouveau variant. 

Parce que sa présence est en augmentation en Amérique du Sud

Depuis sa première apparition en Colombie, le variant Mu a circulé dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, et notamment au Mexique, en Equateur et au Chili. 

L’OMS affirme notamment que la prévalence du variant Mu “a constamment augmenté” en Colombie et en Equateur, où il représente respectivement 39% et 13% des cas positifs détectés. La circulation du variant Mu en Amérique du Sud, couplée à celle du variant Delta, fait désormais l’objet d’une surveillance renforcée. 

Le variant a également été signalé dans au moins une quarantaine de pays dans le monde, notamment en Europe (Espagne, Danemark, Italie, Pays-Bas). Mais de manière générale, l’OMS relève que la prévalence mondiale du variant Mu parmi les cas séquencés de Covid-19 a diminué. Elle est “actuellement inférieure à 0,1%“, rapporte l’agence. 

Sur Twitter, la directrice de l’équipe technique Covid-19 à l’OMS, Maria Van Kerkhove, précisait mardi que 4 500 séquences ont été comptabilisées, dans le monde, et téléchargées sur la plateforme de données internationale GISAID, en provenance de 39 pays. L’agence onusienne observe cependant que la prévalence doit être interprétée avec prudence, du fait des différentes capacités de séquençage, qui varient d’un pays à l’autre. 

Le variant est également détecté “sporadiquement” en métropole française depuis le mois de mai, a annoncé Santé publique France. Au 25 août 2021, 105 détections avaient été relevées. Son niveau de circulation reste très faible, avec une prévalence de “0,3% ou moins“. A titre de comparaison, 98,1% des tests positifs concernaient le variant Delta le 26 août, selon le dernier point épidémiologique de SPF 

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