Covid-19 : “On n’attendra pas le mois de mars pour agir”, dit Olivier Véran au sujet d’un reconfinement – Sud Ouest

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Depuis ce dimanche, présenter un test PCR négatif est devenu obligatoire pour les voyageurs en provenance de l’Union européenne (UE) dans les ports et aéroports français. L’obligation de présenter un test négatif réalisé 72 heures avant s’appliquait déjà depuis la mi-janvier aux voyageurs en provenance des autres pays.

Les contrôles ont lieu dans les ports et aéroports principalement, soit actuellement quelque 62 000 personnes par semaine selon le ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari. Mais les travailleurs frontaliers et le transport terrestre sont exemptés.

Pression hospitalière forte

À Roissy-Charles-de-Gaulle, où des barnums destinés aux tests ont été installés au terminal qui regroupe les vols européens, cette nouvelle règle “ne va pas changer grand-chose”, a expliqué une source aéroportuaire. La plupart de ces voyageurs ont déjà un test, les autres pourront effectuer un test antigénique sur place, et “la seule inconnue sera le temps d’attente”, a-t-elle précisé.

Cette nouvelle mesure entre en vigueur alors que la pression hospitalière reste forte : samedi 25 800 patients étaient hospitalisés, dont près de 2 900 en réanimation. Sur le front du vaccin, le Premier ministre Jean Castex a pu se réjouir samedi que le pays ait franchi le seuil du million de vaccinés contre le virus responsable du Covid-19, au moins avec une première injection.

Fixé pour la fin janvier, ce palier a été franchi quatre semaines après le début de la campagne française de vaccination. Ces vaccinés font partie des publics prioritaires (personnes âgées en EHPAD ou de plus de 75 ans, soignants de plus de 50 ans…), et le taux de vaccination de la population s’échelonne de 0,2% en Guyane à 2,3% en Bourgogne-Franche-Comté.

Des vaccins “chaque année” ?

Au-delà, sa ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher s’est dite “raisonnablement confiante” que la France dépasse son objectif de vacciner “15 millions de personnes” d’ici au mois de juin, et a tenu à rassurer sur les livraisons de doses : plus de 1,9 million ont déjà été reçues. Cela suffira-t-il à faire face au virus et à ses variants ?

“L’urgence absolue est de vacciner les plus fragiles avec les vaccins dont on dispose pour les protéger contre la maladie”, estime le médecin Yves Lévy, directeur de l’Institut de recherche vaccinale (VRI) au CHU Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), dans une interview au JDD. “On peut penser (que ces vaccins) vont rester en partie efficaces” face aux nouveaux variants, a-t-il ajouté.

“Cependant, cela pose la question à long terme de la nécessité d’adapter les vaccins aux mutations déjà apparues ou à venir. Il faut donc nous préparer à l’éventualité de devoir revacciner de façon régulière. Et donc, sans doute, à mettre au point de nouveaux vaccins, comme nous le faisons chaque année pour la grippe”, a-t-il ajouté. Pour lui, l’idée d’atteindre une “immunité de groupe” est “illusoire” et bloquer l’arrivée du mutant anglais est “mission impossible”. Face aux variants, “le confinement reste l’arme la plus efficace”, affirme ce spécialiste.

“Vigilance” dans les écoles

Le gouvernement, de son côté, espère toujours éviter un troisième confinement. Mais s’il devait avoir lieu, le ministère de la Santé Olivier Véran préfère prendre les mesures avant l’arrivée d’une troisième vague. “Il faut que le couvre-feu fonctionne, qu’on parvienne à tenir bon face au variant et à gagner du temps. Dans le meilleur des scénarios, on arrivera à faire baisser la pression épidémique. Si ce n’est pas le cas, on n’attendra pas le mois de mars pour agir. On suit au jour le jour l’évolution des effets du couvre-feu. On n’attendra pas qu’une nouvelle vague arrive pour prendre les bonnes mesures”, a-t-il déclaré au Parisien.

À l’heure actuelle, “la situation permet la continuité scolaire. Mais nous sommes vigilants”, a assuré de son côté le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer au JDD. “Tout notre travail consiste à éviter cette hypothèse (d’une fermeture des établissements), même si elle reste concevable en cas de nécessité absolue. L’école reste essentielle pour nos enfants”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement a par ailleurs lancé une troisième campagne de distribution de masques pour les personnes précaires. Au total, 45 millions de masques, lavables 50 fois, sont envoyés jusqu’à la fin février par La Poste à 7,3 millions de bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, avec des tailles adaptées pour les enfants.

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