Covid-19: l’exécutif reste prudent face au «risque de troisième vague» – Le Figaro

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Jean Castex doit tenir une conférence de presse ce jeudi pour faire un point d’étape avant les fêtes de fin d’année.

Comme un air de déjà-vu. À quelques heures de la désormais traditionnelle conférence de presse, organisée ce jeudi par le chef du gouvernement, Jean Castex, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, les Français restent dans le flou le plus total concernant la situation sanitaire des prochaines semaines. Contrairement aux objectifs fixés par Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution, le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes reste largement au-dessus des 5000. Pire, le plateau qui s’était récemment établi autour de 10.000 cas menace de repartir à la hausse.

Dès lors, de nombreuses voix se sont élevées ces derniers jours pour s’interroger sur la levée du confinement le 15 décembre prochain, et son remplacement par un couvre-feu de 21 heures à 7 heures. En réalité, c’est principalement sur les soirs de Noël et du Nouvel An que le gouvernement se sait particulièrement attendu par les Français. Car à une semaine du départ en vacances, ces derniers misent sur les fêtes de fin d’année pour retrouver enfin un semblant de convivialité.

Pour tenter d’anticiper au mieux cette période, Emmanuel Macron a réuni un Conseil de défense sanitaire mercredi. L’occasion de procéder à un point d’étape, et de calibrer le périmètre des arbitrages à venir. Peu enclin à l’idée de limiter les déplacements interrégionaux ou de maintenir l’attestation en journée, le chef de l’État a plutôt plaidé pour que ce soit le secteur culturel qui accepte de prendre encore un peu son mal en patience. «L’acceptabilité du pays le 15 décembre ne sera jamais celle du 15 septembre, et encore moins celle du 15 mars. Il faut donc faire des choix politiques. Le paramètre de l’acceptabilité et le paramètre politique sont devenus presque aussi importants que le paramètre sanitaire», résume un conseiller élyséen, pour justifier l’attachement du président au déconfinement en trois temps qu’il a annoncé et détaillé fin novembre.

Trop alarmiste avant-hier ; trop optimiste hier… Emmanuel Macron peine à trouver le point d’équilibre

Dans son entourage, certains lui reprochent toutefois de s’être lui-même mis en difficulté, en fixant inutilement un seuil chiffré qui apparaît impossible à atteindre. Exactement comme cela avait déjà été le cas fin octobre lorsque, en instaurant le couvre-feu, il avait affirmé que «quoi que nous fassions, près de 9000 patients seront en réanimation à la mi-novembre».

Trop alarmiste avant-hier ; trop optimiste hier… Emmanuel Macron peine à trouver le point d’équilibre entre son irrépressible envie de se projeter vers les «jours heureux», et l’indispensable transparence sur la réalité de la circulation du virus.

Résultat, le président n’exclut pas de devoir prendre de nouveau la parole dans les prochaines semaines, si les indicateurs épidémiques s’envolent et qu’il faut reconfiner le pays. «Mais nous en sommes encore loin», tempère un proche. En attendant, le chef de l’État laisse donc ses ministres occuper l’espace.

L’exécutif estime que seul un solide lien de confiance avec le pays permettra de vaincre définitivement le virus

Mardi, c’est Olivier Véran qui s’y est employé, sur LCI, durant près de deux heures. «On n’est pas sortis de la deuxième vague!», a soufflé le ministre de la Santé, ciblant «les éditorialistes et les journalistes» qui s’interrogent sur le «risque de troisième vague». «Il faudrait déjà qu’on soit sortis de la deuxième!», a-t-il insisté. Un propos très assuré, qui a étonnamment été contredit par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, dès le lendemain matin. «Il y a un risque de troisième vague. (…) Ce risque existe, et je pense que les Français l’ont parfaitement intégré», a cru bon d’affirmer le jeune secrétaire d’État, sur CNews. Cette querelle sémantique, qui contribue à brouiller le message final, a particulièrement agacé au sommet de l’État. Car avant l’arrivée du vaccin – qui s’annonce déjà très contesté -, l’exécutif estime que seul un solide lien de confiance avec le pays permettra de vaincre définitivement le virus.

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