Covid-19 : les signaux d’une légère reprise de l’épidémie en France se multiplient – Le Monde

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Un adolescent passe un test de dépistage du Covid-19, dans le parking de l’hôpital de Laval, en Mayenne, le 9 juillet.

Alors que le seuil symbolique des 30 000 morts du Covid-19 vient d’être dépassé en France, les signaux se multiplient montrant une légère reprise du nombre de personnes infectées par le nouveau coronavirus. Si « la circulation virale reste faible, le virus montre des frémissements », avertit l’épidémiologiste Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l’unité des infections respiratoires de Santé publique France (SpF). Dans son dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire, dont les données sont rapportées jusqu’au 7 juillet, l’agence sanitaire a noté une « nouvelle tendance à l’augmentation de la circulation du virus SARS-CoV-2 ». « Nous sommes préoccupés, le risque est que cette hausse se poursuive », avertit Daniel Lévy-Bruhl.

« Les consultations pour suspicion de Covid-19 augmentent depuis une dizaine de jours », précise Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins France, réseau qui compte 1 300 praticiens. Elles se sont accrues de 41 % dans la semaine du 29 juin au 5 juillet, soit 1 523 dans la semaine (environ 220 par jour). Et le Dr Smadja mentionne « 360 consultations pour Covid » vendredi 10 juillet. A titre de comparaison, il y en avait 2 500 par jour dans ce réseau au pic de l’épidémie. En revanche, le nombre d’hospitalisations reste stable.

Petites flambées locales

Fait préoccupant, outre la Guyane et Mayotte, où la situation est très inquiétante, « on ne peut pas dire aujourd’hui que tous les foyers de contamination soient maîtrisés en métropole », constate Daniel Lévy-Bruhl. Sur tout le territoire, 333 clusters (hors Ehpad et milieu familial restreint) ont été rapportés au 8 juillet, cela depuis le 9 mai, fait savoir SpF, dont 68 clusters étaient toujours en cours d’investigation dimanche 12 juillet. En France métropolitaine, deux clusters sont en diffusion communautaire – cela signifie que les gens testés positifs n’ont pas de lien direct avec les premiers cas – un en Normandie et un en Mayenne (Pays de la Loire) avec plus de 200 personnes diagnostiquées positives dans ce département. « Le risque est que cela se produise ailleurs, la crainte étant que des petites flambées locales ne soient plus maîtrisées », avertit Daniel Lévy-Bruhl.

Le premier ministre Jean Castex visite un centre de La Croix-Rouge, à Cayenne, en Guyane, en proie à une montée des cas de coronavirus, le 12 juillet.

En outre, le nombre de reproduction R (nombre moyen de personnes infectées par un cas) est redevenu supérieur à 1, ce qui favorise une tendance à l’augmentation du nombre de cas, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine. L’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine évoque, « depuis début juillet, des frémissements au niveau des indicateurs », dans un communiqué du 10 juillet. Le nombre de cas positifs y est ainsi passé de 47 (semaine du 24 au 30 juin) à 82 la semaine du 1er au 7 juillet, et « sept clusters non familiaux ont été identifiés dans plusieurs départements de la région, dont trois en Gironde ». Les exemples de foyers épidémiques dans plusieurs autres pays, avec le reconfinement de certaines régions, notamment en Europe, incitent aussi à la prudence, tout comme la situation dans le monde, où le virus a causé la mort de plus de 566 075 personnes depuis la fin du mois de décembre.

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