Covid-19 : les sénateurs critiquent l’« impréparation » du gouvernement – Le Monde

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Voilà donc la deuxième salve. Une semaine après l’Assemblée nationale, c’est au tour de la commission d’enquête du Sénat de tirer les leçons de la gestion de la crise sanitaire, à l’issue de plusieurs mois d’un travail minutieux. Présidée par le sénateur Les Républicains Alain Milon (Vaucluse), la commission – qui compte trois rapporteurs, les sénateurs Catherine Deroche (LR, Maine-et-Loire), Bernard Jomier (Parti socialiste, Paris) et Sylvie Vermeillet (groupe Union centriste, Jura) – s’est réunie mardi 8 décembre pour adopter son épais rapport (plus de 400 pages), dévoilé jeudi 10 décembre dans la matinée.

Comme leurs collègues députés, qui ont accablé le gouvernement pour son « pilotage défaillant de la crise », les sénateurs pointent un « défaut de préparation », un « défaut de stratégie » et un « défaut de communication » dans la gestion de cette crise. La France, comme la plupart de ses voisins, était « mal préparée » à l’arrivée du virus, notent-ils, en dépit d’une « réaction précoce » du ministère de la santé, dès le début janvier, soit bien avant l’apparition des premiers foyers de contamination.

Lire notre enquête : Commission d’enquête Covid-19 : les députés pointent les défaillances au sommet de l’Etat

Mais entre la mise en alerte du dispositif de prévention des risques sanitaires et le confinement décidé par Emmanuel Macron le 17 mars, l’exécutif a péché par une série de « décisions tardives et peu coordonnées », poursuivent les sénateurs, selon lesquels les « avertissements répétés » de l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn – dont ils questionnent l’opportunité de la démission, le 17 février, pour faire campagne aux municipales à Paris – « semblent avoir été relativement peu écoutés ou suivis d’effet tout au long du mois de janvier ».

Le rapport consacre une large part à la « triste saga des masques », qui « restera le symbole d’une impréparation lourde de conséquences (…), alimentant le désarroi (…) des soignants ». La pénurie des équipements de protection individuelle est d’abord imputable aux choix des gouvernements successifs qui, au cours de la décennie 2010, ont contribué à faire fondre les stocks, notent les sénateurs. De 2011 à 2016, le stock stratégique de masques FFP2 – plus protecteurs que les masques chirurgicaux – est ainsi passé de 700 millions à 700 000 seulement, soit une diminution de 99,9 %.

Responsabilité de Jérôme Salomon

Le rapport insiste sur la responsabilité de l’actuel directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, qui a décidé à l’automne 2018 de ne pas renouveler le stock de masques chirurgicaux, alors que plus de 600 millions de masques venaient d’être déclarés non conformes. Un « choix incompréhensible », jugent les sénateurs, qui ne comprennent pas non plus pourquoi Agnès Buzyn n’a jamais été alertée de ce « choix de ne conserver qu’un si faible stock ». Alors que ce dernier s’établissait à 754 millions d’unités fin 2017, il n’en contenait plus que 100 millions fin 2019.

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