Covid-19: le variant indien, désormais classé “à suivre”, circule-t-il déjà en France? – BFMTV

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Dans sa dernière analyse de risque, Santé publique France indique qu’elle a augmenté sa vigilance vis-à-vis du variant B.1.617 repéré en Inde. Seuls des “cas importés” ont été détectés en France.

Pour l’heure, le variant britannique du Covid-19 – considéré comme “préoccupant” – représente toujours 82,8% des souches séquencées en France, mais il n’est pas le seul scruté par les autorités sanitaires. Le variant indien, également nommé B.1.617, fait l’objet de toutes les attentions ces derniers jours, avec la meutrière résurgence de l’épidémie dans le pays.

Dans son analyse de risque datée de mercredi, Santé publique France indique que ce variant, qui était jusqu’à présent “en cours d’évaluation”, est désormais classé comme “variant à suivre”.

Deux mutations scrutées

Si le variant indien préoccupe les scientifiques, c’est qu’il est porteur d’une mutation – E484Q – qui “pourrait être associée à un impact significatif en termes d’échappement immunitaire”. En d’autres termes, il pourrait être plus résistant face aux vaccins existants. Mais cela n’a pas encore été “formellement démontré” à ce stade.

Il comporte aussi une seconde mutation, L452, qui serait “elle associée à un risque d’augmentation de la transmissibilité du virus, et à un possible échappement immunitaire”.

“Les données disponibles à ce jour ne permettent pas d’identifier un lien direct entre l’émergence et la diffusion en Inde du variant B.1.617 (porteur des mutations E484Q et L452R) et la situation épidémiologique très défavorable observée à l’heure actuelle dans ce pays”, tempère cependant Santé publique France.

En Inde, cette souche représente une part de plus en plus importante des souches repérées. “Le variant B.1.617 représenterait, au 14 avril 2021, 61% des échantillons séquencés dans l’État du Maharastra où il a été découvert. Au niveau national, il représenterait de 15 à 20% des échantillons séquencés”, détaille Santé publique France.

Des cas du variant indien ont transité par la France

En France, seuls deux cas de ce variant indien ont été repérés jusqu’à présent: il s’aghit de “cas importés” aux Antilles. Il s’agit de deux personnes qui voyageaient d’Inde vers la République dominicaine et étaient en transit en Guadeloupe, ont précisé les médias locaux comme RCI. Aucune trace du variant n’a été détectée sur l’île en dehors de ces deux personnes, selon l’Agence régionale de Santé.

Le variant indien a par ailleurs été détecté jeudi en Belgique chez des étudiants indiens passés par Paris. Selon le virologue belge Marc Van Ranst, le groupe avait atterri à Roissy le 12 avril, et cinq jours plus tard, plusieurs étudiants sont tombés malades, avec des symptômes du virus. Des analyses menées à Louvain ont permis de déterminer qu’il s’agissait du variant indien.

D’après plusieurs experts, ils auraient été victimes d’un “super contaminateur”, peut-être au sein même de leur groupe, lors du trajet en bus qui les a amenés de la région parisienne en Belgique.

Une menace à surveiller

En dehors de ces cas “importés”, il n’est pas impossible que le variant indien circule déjà en France sous les radars, note cependant Antoine Flahault, directeur de l’Institut de Santé Globale à Genève, auprès du Parisien. Selon l’épidémiologiste, il est tout à fait possible que le variant B.1.617 soit présent dans l’Hexagone, sans avoir été repéré, “car on ne séquence pas 100 % des tests positifs”.

“La question avec ce variant est: peut-il concurrencer le britannique, aujourd’hui majoritaire dans le monde? C’est possible, car c’est ce qui semble se passer en Inde où le britannique était déjà très implanté. Si cela se confirme, l’entrée du variant indien sur le sol français serait une très mauvaise nouvelle”, conclut Antoine Flahault.

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L’infectiologue Karine Lacombe a jugé “évident” son arrivée prochaine en France. S’il n’est pas déjà là, “c’est une question de jours”, a-t-elle estimé mercredi sur France Info, appelant à surveiller les résultats des tests PCR pour “casser les chaînes de transmission” et éviter sa diffusion.

Samuel Kahn

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