Covid-19 : le variant Delta provoquerait bien une maladie plus sévère – Le Monde

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Une aide-soignante nettoie une chambre après le décès d’un patient dans le service Covid-19 du Centre hospitalier de Bastia, le 16 août 2021.

Les études montrant une dangerosité accrue du variant Delta se multiplient. Selon la dernière en date, publiée vendredi 27 août dans la revue The Lancet Infectious Diseases, le taux d’hospitalisation des personnes infectées par le variant Delta serait doublé par rapport à une infection par la souche Alpha. Le variant Delta est une forme mutée du SARS-CoV-2, détectée pour la première fois en Inde en octobre 2020. Bien plus contagieux que son prédécesseur, il est devenu la forme dominante du virus dans le monde. En France, il représentait au 3 août 98,1 % des cas de Covid-19, selon Santé publique France.

Si la contagiosité accrue du variant Delta ne fait aucun doute, son degré de virulence – sa nocivité – fait en revanche toujours débat. Pour cette étude, des équipes de l’université de Cambridge ont analysé les données de 43 338 personnes testées positives au Covid-19, au Royaume-Uni, entre le 29 mars et le 23 mai 2021. Statut vaccinal, âge et autres facteurs démographiques ainsi qu’admissions à l’hôpital ont été passés au crible de leur analyse. Il y avait 51,1 % de femmes et 48,9 % d’hommes ; 30 % avaient moins de 20 ans ; 54,6 % avaient entre 20 et 50 ans et seulement 6,2 % plus de 60 ans.

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« Un surrisque probable lié au variant »

Les auteurs ont recensé 34 656 cas de variant Alpha (80 % des patients), majoritaire au Royaume-Uni au début de l’étude, et 8 682 cas de variant Delta (20 % des patients). Mais la proportion de ce dernier n’a cessé de croître durant la période de suivi, atteignant 65 % la dernière semaine.

Le taux d’hospitalisation donne une bonne idée de la virulence du coronavirus : c’est la gravité de la maladie qui conditionne l’admission à l’hôpital. Au total, 2,2 % des personnes infectées par le variant Alpha ont dû être hospitalisées (764 personnes, sur un total de 34 656) au cours des deux semaines qui ont suivi leur test positif, contre 2,3 % des personnes infectées par le variant Delta (196 personnes, sur un total de 8 682). Mais les deux groupes n’étaient pas strictement comparables : ceux infectés par le variant Delta étaient plus jeunes, habitaient dans des quartiers plus défavorisés et appartenaient plus souvent à une ethnie indienne. Pour les comparer, les auteurs ont dû faire une analyse statistique sophistiquée (dite « régression de Cox stratifiée »), « nécessaire et bien menée », salue Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l’université de Montpellier. Résultat : le variant Delta multiplie par 2,26 le risque d’hospitalisation par rapport à son cousin Alpha.

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