Covid-19 : le vaccin de Pfizer-BioNTech reste efficace contre le variant indien, selon une étude de l’Institut Pasteur – Le Monde

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Un soignant prépare une dose du vaccin Comirnaty de Pfizer-BioNTech, à Saint-Nazaire, le 28 mai 2021.

Les vaccins contre le Covid-19 sont-ils efficaces pour lutter contre le variant dit « indien » ? La dernière étude de l’Institut Pasteur sur la question se veut rassurante, du moins pour le vaccin à ARN messager de Pfizer-BioNTech. Ce dernier produit des anticorps capables de neutraliser le variant B.1.617.2, avec cependant une « efficacité légèrement diminuée » en laboratoire, selon cette étude, publiée vendredi 28 mai sur le site de prépublication BioRxiv.

Chez les personnes vaccinées avec deux doses du vaccin Pfizer, les anticorps présents dans leur sérum sanguin sont efficaces sur le variant anglais, mais légèrement moins efficaces contre le variant indien étudié, selon les résultats de ces travaux. Malgré « une efficacité légèrement diminuée, d’après les tests en laboratoire, le vaccin Pfizer est probablement protecteur », rassure Olivier Schwartz, coauteur de l’étude et directeur de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur (Paris).

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Anticorps « trois à six fois moins puissants »

Le variant B.1.617, détecté en Inde en octobre 2020, s’est, depuis, diffusé dans de nombreux autres pays, dont le Royaume-Uni. Ses trois lignées ou sous-groupes principaux (B.1.617.1, B.1.617.2 et B.1.617.3) hébergent certaines mutations qui peuvent augmenter leur potentiel d’échappement immunitaire, c’est-à-dire leur capacité à réduire l’efficacité des anticorps générés par les vaccins, des anticorps acquis naturellement ou administrés à titre thérapeutique.

Les chercheurs ont plus précisément étudié le virus B.1.617.2, qui semble plus transmissible que les deux autres lignées et qui a été récemment détecté dans une dizaine de pays. « Nous montrons que ce variant à propagation plus rapide a acquis une résistance partielle aux anticorps », explique M. Schwartz.

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Par exemple, poursuit-il, « les sérums de patients ayant eu un Covid-19 et recueillis jusqu’à douze mois après les symptômes ainsi que les personnes ayant reçu le vaccin Pfizer restent neutralisants, mais sont trois à six fois moins puissants contre le B.1.617.2 [variant indien] par rapport au B.1.1.7 [variant anglais] ».

Une seule dose d’AstraZeneca « peu ou pas efficace »

Les chercheurs ont également testé l’efficacité du vaccin AstraZeneca sur ces variants. L’étude se limite cependant aux personnes vaccinées avec une seule dose du vaccin britannique, puisque les chercheurs n’ont pas eu accès « à des échantillons de vaccinés avec deux doses » au moment de l’étude, a précisé Olivier Schwartz.

Ce vaccin n’ayant commencé à être utilisé dans l’Union européenne qu’en février, et un délai de douze semaines étant recommandé entre les deux doses, les deuxièmes doses n’ont en effet commencé à être injectées que fin avril. Le nombre de patients concernés a par ailleurs été réduit du fait de la restriction d’utilisation du vaccin aux plus de 55 ans et de la désaffection dont il fait l’objet dans une partie de la population.

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Les résultats de l’étude, réalisée avec des hôpitaux universitaires français, montrent qu’une dose du vaccin AstraZeneca « fonctionne très peu contre les variants indiens et sud-africains ». Une seule dose de ce vaccin apparaît donc « peu ou pas du tout efficace » contre le variant indien, souligne le chercheur.

Une récente étude des autorités de santé en Angleterre, le Public Health England (PHE), établissait cependant que le sérum d’AstraZeneca était efficace à 60 % contre le variant B.1.617. « Deux doses [du vaccin de Pfizer ou d’AstraZeneca] offrent des niveaux élevés de protection contre la maladie symptomatique du variant B.1.617.2 », concluait Mary Ramsay, responsable de l’immunisation au PHE.

Le Monde avec AFP

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