Covid-19 : le traitement à l’hydroxychloroquine pourrait être suspendu en France – Le Monde

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Une plaquette d’hydroxychloroquine.

Une plaquette d’hydroxychloroquine. John Locher / AP

Le Haut Conseil de santé publique (HCSP), saisi par le ministre de la santé Olivier Véran pour analyser les règles dérogatoires de prescription de l’hydroxychloroquine dans la lutte contre le Covid-19, a rendu un avis défavorable, mardi 26 mai. Mardi toujours, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s’est rangée sur la même ligne, ce qui pourrait sonner le glas, en France, de ce traitement préconisé par l’infectiologue Didier Raoult.

La saisine du HCSP était intervenue après la publication, vendredi 22 mai dans The Lancet, d’une étude rétrospective qui avait mis en évidence une plus forte mortalité chez les patients hospitalisés pour cause de Covid-19 et ayant reçu de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, en combinaison ou non avec des macrolides (antibiotiques comme l’azithromycine préconisée par Didier Raoult), ainsi que des arythmies cardiaques.

Le HCSP a estimé que ces éléments, s’ajoutant à d’autres études disponibles, à des données de pharmacovigilance et à des avis négatifs d’autres instances sanitaires à l’étranger, justifiaient de « ne pas utiliser l’hydroxychloroquine, isolément ou en association à un macrolide pour le traitement du Covid-19 chez les patients, ambulatoires ou hospitalisés, quel que soit le niveau de gravité ». Concernant les essais cliniques destinés à évaluer son efficacité et sa sûreté d’utilisation face au nouveau coronavirus, il est d’avis « de réévaluer le rapport bénéfice/risque de ce médicament dans les essais en cours et à venir ».

Un nouveau décret

L’avis du HCSP pourrait trouver rapidement sa traduction dans un nouveau décret réglementant l’usage de l’hydroxychloroquine en France : en mars, une série de textes avaient été publiés pour encadrer l’utilisation hors autorisation de mise sur le marché de ce médicament destiné à traiter le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Selon le code de santé publique, la molécule pouvait être prescrite « sous la responsabilité d’un médecin, aux patients atteints de Covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que, pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile ».

L’avis du HCSP est accompagné d’une prise de position de l’ANSM qui « souhaite suspendre par précaution les essais cliniques évaluant l’hydroxychloroquine dans la prise en charge des patients ». Cette préconisation fait suite à la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), annoncée lundi, de ne plus inclure de patients recevant de l’hydroxychloroquine dans son vaste essai international Solidarity. Une mesure temporaire de suspension décidée elle aussi à la lumière de l’étude du Lancet, et qui sera confirmée ou non en fonction de l’analyse des données de Solidarity par un comité indépendant. L’essai français Discovery, à vocation européenne, conduit par l’Inserm a fait de même, mais pas l’essai britannique Recovery.

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