Covid-19: le pic de la 5e vague sera-t-il bientôt atteint en France? – BFMTV

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De l’avis d’Olivier Véran et de plusieurs professionnels de la santé, les contaminations augmentent moins vite ces derniers jours dans le pays, tandis que la pression hospitalière se fait de plus en plus forte.

“Selon toute vraisemblance, nous sommes en train d’atteindre le pic.” Dans une interview accordée ce dimanche au quotidien Le Parisien, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a fait le point sur la situation épidémiologique française et a tenu à se montrer rassurant, quelques jours des fêtes de fin d’année, dont la protection semble être l’objectif annoncé par le gouvernement.

“Les contaminations quotidiennes augmentaient de 60% sur une semaine. C’est désormais beaucoup moins. Entre le 4 et hier, la hausse n’est plus que de 5%. Alors que le nombre d tests de dépistage a augmenté de 25% dans l’intervalle. C’est un bon signe. Reste à savoir si les contaminations vont ensuite diminuer rapidement ou rester sur un plateau haut”, a ajouté le ministre dans les colonnes du quotidien francilien.

Des propos qui corroborent ceux tenus plus tôt cette semaine. Là, Olivier Véran assurait que le pic de contamination de cette cinquième vague pourrait être atteint “d’ici à la fin du mois” si les Français appliquent un “respect strict des gestes barrières” et limitent les rassemblements.

Pic atteint d’ici la fin de l’année?

Qu’en pensent les scientifiques? Invité ce dimanche à l’antenne de BFMTV, Pascal Crépey, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’École des hautes études en santé publique de Rennes, rejoint le ministre dans son constat.

“Depuis plusieurs jours, ce que l’on constate, c’est que l’incidence de l’épidémie, le nombre de nouveaux cas positifs que l’on détecte, augmente de moins en moins vite. Il est probable que dans les jours qui viennent, cette incidence se stabilise”, commence-t-il.

Seulement, selon lui, l’objectif n’est pas de se stabiliser les contaminations sur un plateau haut, mais de faire en sorte de baisser ces dernières. “L’objectif va être de rester le moins longtemps possible sur ce pic, sur ce plateau et que tout cela descende”, ajoute-t-il.

Cette stabilisation a également été notée par Guillaume Rozier, fondateur des sites CovidTracker et ViteMaDose, qui estime que “si l’évolution continue dans la même direction, on pourrait atteindre une stabilisation de l’évolution des cas positifs d’ici à la fin de la semaine, ou en début de semaine prochaine.”

Au cours des dernières 24 heures, 53.720 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés, en baisse par rapport à la veille (55.339) et à jeudi (56.854). Un ralentissement qui selon Pascal Crépey pourrait en partie être dû aux chiffres de la troisième dose. A date, 14.314.046 personnes ont reçu cette dose de rappel.

Pour autant, également invité à notre antenne, Benjamin Davido, infectiologue et directeur médical référent Covid-19 à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, estime qu’il vaudrait mieux tempérer ces effets d’annonce.

“Je serai extrêmement vigilant, les prédictions situent un pic plutôt vers la fin de l’année. Il faut être prudent car cela implicite de dire que la vague est derrière et qu’on peut reprendre la vie d’avant”, insiste-t-il.

L’hôpital inquiète

Seulement, cette augmentation moins rapide des contaminations n’est pas le seul point à prendre en compte. Dans son entretien auprès du Parisien, Olivier Véran se disait particulièrement préoccupé par la situation hospitalière, de plus en plus tendue.

“La pression sanitaire augmente et plusieurs paramètres nous inquiètent. Comme la vague est nationale, on ne peut plus envoyer de renforts ou procéder à des évacuations interrégionales massives”, a-t-il dit.

Là encore, il est rejoint par Pascal Crépey qui, toujours à notre antenne, estime que cette pression ne doit pas être oubliée, en particulier en raison du délai de deux semaines qui sépare les chiffres des contaminations et celui des hospitalisations.

“C’est l’histoire naturelle de la maladie, on s’infecte avant une forme symptomatique puis plus grave etc. Ce délai il se ressent sur les courbes épidémiques, si demain on arrive au pic des contaminations, on n’arrivera au pic ces nouvelles hospitalisations seulement 10 à 15 jours plus tard. Les hôpitaux vont avoir des augmentations dans les jours à venir”, insiste-t-il.

Samedi, les services de soins critiques, qui traitent les cas les plus graves (dont les réanimations), ont accueilli 176 nouveaux patients par rapport à la veille. Ils comptabilisent désormais 2539 patients, un chiffre qui dépasse le pic de malades gravement atteints répertoriés dans ces services lors de la quatrième vague cet été.

Plateau ou baisse?

Puis, une fois ce pic atteint, que peut-il se passer? Selon LCI, deux hypothèses sont envisageables: une baisse progressive des cas comme en Belgique ou en Allemagne, ou bien une stabilisation du R, qui reste égal à 1, comme c’est le cas outre-Manche, ou l’épidémie stagne depuis plusieurs semaines.

“Sans mesures plus fortes, c’est ce qui pourrait se produire en France à partir du 15 décembre”, explique auprès du même média l’épidémiologiste Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de Genève. “Nous évaluerons l’évolution en début de semaine prochaine”, conclut-il.

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