Covid-19 : le gouvernement réuni en conseil de défense pour « donner de la visibilité » sur la crise sanitaire – Le Monde

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Alors que les autorités sanitaires françaises ont fait état, jeudi, de près de 10 000 nouveaux cas confirmés en vingt-quatre heures – un chiffre sans précédent depuis le début de l’épidémie de Covid-19, mais à nuancer par le contexte de tests beaucoup plus nombreux aujourd’hui –, Emmanuel Macron a fait savoir que le gouvernement annoncerait vendredi 11 septembre, au terme d’un conseil de défense qui a débuté à 11 heures, des décisions permettant de « donner de la visibilité sur les prochaines semaines ».

« Ce que nous devons faire, c’est nous adapter à l’évolution du virus (…). Nous aurons des décisions à prendre, mais il faut continuer à être exigeants, réalistes, sans céder à quelque panique que ce soit », a déclaré le chef de l’Etat au cours d’un déplacement en Corse.

  • Près de 10 000 nouveaux cas en vingt-quatre heures

La France a enregistré 9 843 nouveaux cas de Covid-19 en vingt-quatre heures, un record depuis le début de l’épidémie et le lancement des tests à grande échelle, a annoncé jeudi la direction générale de la santé (DGS).

Près de 50 000 nouveaux cas (48 542) ont été comptabilisés en une semaine, pendant laquelle plus de 1 million de tests ont été effectués. Depuis le début de l’épidémie en France, il y a six mois, 10 millions de tests ont été réalisés. Le taux de positivité – soit la proportion du nombre de personnes positives par rapport au nombre total de personnes testées – continue parallèlement d’augmenter : il a atteint 5,4 % entre le 1er et le 7 septembre.

Le nombre de patients entrés dans un service de réanimation était de 54 sur les dernières vingt-quatre heures, portant le total à 615. Ils étaient 71 mercredi et plus de 80 mardi et lundi. La semaine dernière, la moyenne avoisinait 50. Les régions Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur regroupent 68 % des malades en réanimation.

Dix-neuf personnes sont mortes du Covid-19 depuis mercredi, portant à 30 813 le nombre de décès depuis le début de l’épidémie en France. Dans le détail, 20 338 personnes sont mortes au sein des établissements hospitaliers et 10 475 en établissements sociaux et médico-sociaux, dont les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

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  • « Nous devons adapter la vie sociale », déclare le chef de l’Etat

Mercredi, la progression de l’épidémie en France a été qualifiée d’« inquiétante » par le conseil scientifique. Le gouvernement « va être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles » « dans les huit à dix jours maximum », a estimé le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. « On peut être faussement rassuré » parce que l’augmentation de la circulation du virus a « peu de retentissement actuel » sur le système de soins, mais il peut y avoir « une augmentation très rapide, exponentielle, dans un deuxième temps », a-t-il averti, relevant « en particulier » la situation de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Interrogé sur les propos de M.Delfraissy, Emmanuel Macron a estimé jeudi que « le conseil scientifique est dans son rôle, qui est technique », et qu’il revient aux dirigeants politiques de « prendre des décisions » en « essayant d’être les plus transparents et les plus clairs possible ».

Il faut « essayer de ralentir au maximum et de stopper la circulation » du virus avec les gestes barrières et « l’organisation de la vie sociale que nous devons adapter », tout « en permettant de continuer à vivre », notamment « éduquer nos enfants », « soigner les autres pathologies », a ajouté le chef de l’Etat. Il a également souligné la nécessité de « décliner territorialement » les décisions prises, et a de nouveau appelé les Français à « prendre leur part de responsabilité, parce que nous sommes tous et toutes les dépositaires de cette lutte contre le virus ».

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  • Pas besoin de certificat médical pour le retour des enfants à l’école

Les médecins « n’ont pas à établir de certificat médical pour le retour à l’école » des enfants qui avaient des symptômes évocateurs du Covid-19, a souligné vendredi l’ordre des médecins, en déplorant des « pressions » de certains établissements.

« Le ministère de l’éducation nationale ne demande pas aux parents de présenter un certificat médical de non-contre-indication et une telle demande des établissements ne repose sur aucune obligation législative ou réglementaire », écrit le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) dans un communiqué. Il « demande au ministre de le rappeler aux rectorats, aux établissements et aux enseignants ».

Le CNOM fait cette mise au point car « depuis la rentrée, des médecins alertent leur ordre sur des pressions qu’ils subissent pour rédiger des certificats médicaux de non-contre-indication au retour à l’école pour des enfants porteurs de symptômes évocateurs ».

  • En Guadeloupe, le CHU proche de la saturation

Au CHU Les Abymes, en Guadeloupe.

En Guadeloupe, les indicateurs sont « au rouge » et le centre hospitalier universitaire (CHU) est au bord de la saturation. Relativement épargné au printemps, ce département français des Antilles, qui compte officiellement 23 morts liés au Covid-19, est désormais placé en niveau rouge (vulnérabilité élevée) par Santé publique France.

Le directeur du CHU, Gérard Cotellon, lance l’alerte sur l’« afflux continu et grandissant de patients », ajoutant que l’établissement accueillait à cette date « 50 patients » atteints de Covid-19, contre quatre le 13 août.

  • A Nantes, le masque devient obligatoire dans toute la ville

Le port du masque, qui était déjà requis dans le centre de Nantes, deviendra obligatoire à partir de samedi matin dans toute la ville en raison d’une hausse du taux d’incidence de cas positifs au Covid-19. Dans la région Pays de la Loire, « deux départements ont passé le seuil des 50 [cas positifs] pour 100 000 habitants : la Loire-Atlantique (…) et le Maine-et-Loire », a détaillé Jean-Jacques Coiplet, le directeur général de l’agence régionale de santé.

Cette situation « me conduit à demander à ce que le port du masque soit systématiquement observé dans l’espace public dans cinq communes de Loire-Atlantique : la ville de Nantes dans sa totalité, mais également de Saint-Herblain, de Saint-Sébastien-sur-Loire et la commune de Bouguenais », a expliqué le préfet de région, Didier Martin. La cinquième commune est celle de Saint-Nazaire, où le port du masque sera étendu, mais ne concernera pas la totalité de la ville. Dans le Maine-et-Loire, le masque devient obligatoire « à Angers, Cholet, Saumur, Trélazé et dans la commune associée de Beaupréau », a fait savoir la préfecture.

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  • Nice suspend les visites dans les Ehpad municipaux

Le maire (Les Républicains) de Nice, Christian Estrosi, a annoncé jeudi la suspension des visites dans les quatre Ehpad municipaux et une série de restrictions, comme l’annulation du début de la saison de l’Opéra, en raison de la circulation plus active du coronavirus. M. Estrosi a également annoncé une nouvelle distribution de masques en tissu, une reprise de la livraison de repas à des personnes âgées vulnérables, mais aussi l’annulation des Journées du patrimoine et la limitation drastique des participants aux activités de loisirs auxquelles les Niçois peuvent s’inscrire dans les centres d’animation de la ville.

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Le Monde avec AFP

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