Covid-19 : le gouvernement confronté au retour des incertitudes économiques – Le Monde

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Sur la photo, il pose, l’air déterminé, une tasse à la main et en blouson d’aviateur. « Café chez nos amis restaurateurs au Pays basque. Nous sommes en contact régulier avec les professionnels (…), pour accompagner au cas par cas toutes les professions. » Le message posté sur le compte Instagram du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, le 30 décembre depuis son lieu de vacances, se veut le reflet de la doctrine du gouvernement, en ce début d’année 2022 qui ressemble un peu trop au début 2021 : vigilance, mais pas de mise sous cloche de l’économie.

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Alors que débute la campagne présidentielle, la déferlante Omicron bouscule, une fois de plus, la stratégie de l’exécutif, qui jongle depuis près de deux ans entre impératifs sanitaires et économiques. « Les deux se rejoignent », a assuré Olivier Véran dans Le Journal du dimanche, le 2 janvier. C’est justement pour « éviter la déstabilisation de la vie sociale et économique » que le gouvernement a décidé un allègement des contraintes d’isolement, pour les personnes vaccinées positives ou cas contacts, a assuré le ministre de la santé.

Lors de ses vœux télévisés du 31 décembre, Emmanuel Macron avait tenu à énumérer ce qu’il considère comme les avancées économiques et sociales de son quinquennat : la « réforme de l’assurance-chômage », les mesures de « pouvoir d’achat », « l’augmentation des salaires des fonctionnaires les plus modestes » ou encore « la rénovation thermique ». « Jamais depuis quinze ans, le chômage n’a été aussi bas », a-t-il insisté.

Les Français retiendront-ils ces notes positives, ou la vague Omicron va-t-elle de nouveau faire tanguer l’économie et raviver les inquiétudes des ménages et des entreprises ? Lundi 3 janvier, Bruno Le Maire devait recevoir, avec la ministre du travail Elisabeth Borne et son homologue chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, les représentants des organisations patronales et des secteurs économiques affectés par les dernières restrictions : interdiction de consommer debout dans les bars et cafés pour trois semaines, et de boire et de manger dans les transports, les cinémas, théâtres et enceintes sportives. Les rassemblements (sauf meetings politiques) sont en outre limités à 2 000 personnes en intérieur et à 5 000 en extérieur. Le tout, sur fond de télétravail obligatoire trois jours par semaine dans les entreprises, si le poste s’y prête.

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Crédits d’urgence non consommés

Pour le moment, Bercy s’en tient à sa ligne du « cas par cas ». Pas question de donner le sentiment que ce qui apparaît comme la vague la plus virulente – à défaut de la plus meurtrière – de la pandémie nécessite un retour au « quoi qu’il en coûte » et un recours massif aux aides publiques. Le fonds de solidarité pour les entreprises s’est éteint fin septembre, mais les secteurs sinistrés peuvent toujours, sous condition de baisse d’activité, bénéficier d’une aide pour leurs coûts fixes et du chômage partiel.

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